«Nous nous sommes réveillés, ce n’est que le début!»: cette pancarte d’un manifestant du grand rassemblement à Moscou reflète l’humeur générale de dizaines de milliers de Russes réunis samedi pour réclamer la fin du régime de Vladimir Poutine.

«Nous avons compris que nous pouvons nous mobiliser. Il est impossible d’arrêter une foule comme celle-ci», estime Andreï Loujine, 32 ans, qui avait été observateur électoral pour le parti de l’opposition Iabloko au scrutin controversé du 4 décembre. «Des gens avaient peur avant la première grande manifestation le 10 décembre. Aujourd’hui nous n’avons plus peur», a-t-il ajouté.

«Poutine démission!», «Russie sans Poutine!, a scandé la foule à plusieurs reprises. «M. Poutine, demain toute la Russie scandera ça pour vous!», a lancé l’écrivain Boris Akounine.

D’autres manifestants tenaient des ballons en forme de préservatifs, une référence à une déclaration de M. Poutine, qui avait comparé le symbole des manifestants, un ruban blanc, à un «contraceptif».

«Nous sommes déjà assez nombreux pour prendre d’assaut la Maison blanche (siège du gouvernement du Premier ministre Vladimir Poutine, ndlr) mais nous ne le ferons pas pour l’instant», a lancé Alexeï Navalny, l’un des leaders de la contestation. «L’année prochaine le pouvoir appartiendra au peuple», a-t-il conclu.

Un autre opposant, l’ex-champion du monde des échecs Garry Kasparov a pour sa part estimé que le 4 mars, date de la présidentielle, marquera «un tournant dans la nouvelle histoire russe. Le pouvoir a peur parce que nous n’avons plus peur», a-t-il lancé.

«Dans notre pays, les gens ont peur de dire ce qu’ils pensent. Mais l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. C’est pour cela que je suis ici», explique Olga Dolgatcheva, 26 ans.