«Nous devons instaurer un Etat de droit et de prospérité dans lequel la charia est la principale source réglementaire, ce qui exige de nombreuses conditions», a dit Moustafa Abdeljalil devant devant une foule de 10 000 personnes réunies à Tripoli. «Nous n’accepterons aucune idéologie extrémiste de droite ou de gauche. Nous sommes un peuple musulman, à l’islam modéré et nous allons rester sur cette voie», a-t-il ajouté.

Aucune élection avant la «libération»

Pour l’instant, le Conseil national de transition (CNT) a établi un calendrier prévoyant la rédaction d’une nouvelle Constitution et la tenue d’élections dans un délai de 20 mois à partir du moment où la Libye sera déclarée «libérée».

Pour l’instant, cette notion de «libération» n’a pas été établie alors que plusieurs régions dans le sud du pays, ainsi que trois villes importantes, Bani Walid, Syrte et Sabha, se trouvent toujours sous le contrôle des forces loyales à Kadhafi.

Les forces du CNT, un gouvernement issu de la rébellion, n’ont pas encore reçu l’ordre de lancer l’offensive sur Bani Walid. La topographie de cette ville étendue, avec ses nombreuses petites collines, rend difficile une avancée rapide.

Craignant de nouveaux combats, des dizaines de civils fuyaient Bani Walid. Mais beaucoup étaient bloqués, faute d’essence pour quitter la ville en voiture, ont expliqué des habitants.

Accusations d’Amnesty

Le président du CNT a appelé les combattants de son mouvement à ne pas se livrer à des représailles contre les partisans de l’ancien régime kadhafiste.

Le même soir, Amnesty International a accusé le régime de Mouammar Kadhafi de crimes contre l’humanité, mais pointé aussi du doigt les rebelles pour avoir commis des abus qui, dans certains cas, constituent des crimes de guerre.

Dans un rapport de 122 pages dressant un constat accablant des exemples de violations par le régime du colonel Kadhafi, Amnesty International note que le Conseil national de transition ne semble pas disposé à tenir les rebelles responsables des violations des droits de l’homme.

«Les responsables de l’opposition avec lesquels Amnesty International a soulevé ces préoccupations ont condamné de tels abus, mais ont souvent minimisé leur ampleur et leur gravité», a déclaré l’organisation.

«Des combattants de l’opposition et leurs partisans ont enlevé, détenu arbitrairement, torturé et tué d’anciens membres des forces de sécurité, soupçonnés de loyauté envers Kadhafi, et capturé des soldats et des ressortissants étrangers soupçonnés à tort d’être des mercenaires se battant pour Kadhafi», indique Amnesty dans son rapport.

Parmi les nombreux exemples de violations des droits humains, Amnesty évoque notamment un cas, au début de l’insurrection, où un certain nombre de soldats de Kadhafi capturés par les rebelles ont été «battus à mort, au moins trois d’entre eux ont été pendus, et d’autres ont été abattus après avoir été capturés ou s’être rendus».

Le rapport d’Amnesty, intitulé «The Battle for Libya: Killings, Disappearances and Torture» (»la Bataille pour la Libye assassinats, disparitions et tortures»), est le document le plus récent faisant un compte rendu détaillé des violations en Libye.