Sommet crucial à Genève sur le nucléaire iranien

Diplomatie Rencontre Kerry-Zarif dimanche

Américains et Iraniens vont se retrouver ce week-end à Genève pour tenter de sortir de l’impasse les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran. Selon nos informations, le secrétaire d’Etat John Kerry et le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, doivent se rencontrer dimanche dans un grand hôtel genevois. A ce stade, il n’est pas prévu d’associer les autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU ni l’Allemagne à ce sommet.

John Kerry et Mohammad Javad Zarif étaient déjà restés enfermés une journée entière à l’hôtel du Rhône mi-janvier. Les deux négociateurs en chef ne s’étaient accordé qu’une brève promenade côte à côte en plein centre-ville sous l’œil des caméras.

Des signes d’impatience

L’atmosphère s’est depuis nettement rafraîchie. A Washington, le Congrès, à majorité républicaine, menace d’imposer de nouvelles sanctions contre Téhéran, ce qui ferait capoter les négociations. Les républicains ont invité le premier ministre israélien, farouche adversaire d’un accord avec l’Iran, à s’exprimer devant le Congrès le 3 mars. Au grand dam de la Maison-Blanche.

Quant aux Iraniens, ils montrent des signes d’impatience. Ils veulent la garantie d’une levée immédiate des sanctions qui étranglent leur économie dès la conclusion d’un accord final.

Les deux parties doivent y parvenir d’ici à fin juin. La validité de l’accord intérimaire conclu à Genève en novembre 2013, qui prévoit un gel du programme nucléaire iranien en échange de l’allégement des sanctions, a déjà été prolongée de six mois. Une première date butoir est fixée au 31 mars, date à laquelle les grandes lignes d’un accord devront avoir été fixées.

Il restera alors trois mois pour résoudre les aspects techniques. Ils sont d’importance. L’Iran revendique un droit inconditionnel à l’enrichissement d’uranium pour alimenter, selon lui, ses centrales civiles. Les Etats-Unis veulent au contraire s’assurer que Téhéran ne puisse pas produire suffisamment d’uranium hautement enrichi pour une bombe atomique. Le nombre limite et la puissance des centrifugeuses accordées à Téhéran sera décisif.