Barack Obama a ouvert lundi à Washington un sommet de deux jours sur la non-prolifération nucléaire, le plus important organisé dans son pays depuis 1945. Parmi les représentants de 47 pays figure le président chinois Hu Jintao.

«La plus grande menace contre la sécurité des Etats-Unis est la possibilité qu’une organisation terroriste obtienne une arme nucléaire», a déclaré le président américain dimanche.

Washington tente aussi d’obtenir de Pékin qu’il soutienne des sanctions renforcées contre l’Iran, accusé malgré ses dénégations de vouloir se doter de l’arme nucléaire sous couvert d’un programme civil. La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré lundi que «le temps presse» pour décider d’éventuelles sanctions, tandis que le président russe Dmitri Medvedev a mis en garde contre des mesures ciblant l’approvisionnement énergétique de l’Iran, qui pourraient entraîner «une catastrophe humanitaire».

Anticipant tout résultat du sommet, le représentant iranien à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Ali Asghar Soltanieh, a affirmé lundi que son pays, qui ne sera pas représenté à Washington, ne se sentirait pas lié par ses décisions «connues d’avance».

Non-ingérence

La question de la Corée du Nord, qui a déjà la bombe, devrait elle aussi être évoquée entre Barack Obama et Hu Jintao, dont les pays ont connu ces derniers mois de fortes tensions dans leurs relations.

L’ordre du jour du sommet vise à sécuriser les matériaux nucléaires tels que le plutonium et l’uranium hautement enrichi, dont près de 1600 tonnes sont stockées dans 40 pays, alors que 25 kilos suffisent à fabriquer une bombe. Une convention internationale a été signée à ce sujet en 1979 et renforcée en 2005, mais il manque encore des ratifications – dont celle des Etats-Unis – pour que les modifications entrent en vigueur.

Le communiqué final prendra la forme d’une déclaration politique, non contraignante pour les pays soucieux d’ingérence étrangère comme l’Inde, la Chine ou la Russie.