Diplomatie

Au sommet à Paris, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky actent leurs divergences

Les présidents russe et ukrainien se sont accordés lundi pour oeuvrer à des retraits de troupes de trois zones disputées d'ici la fin du mois de mars et à une consolidation du cessez-le-feu

Les présidents russe et ukrainien, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, sont convenus lors de leur première rencontre lundi à Paris d'une série de mesures pour relancer le processus de paix en Ukraine.

Ils ont surtout acté leur désaccord sur son volet politique. «Pour moi, je le dis honnêtement», le résultat de cette rencontre, «c'est très peu: je voudrais résoudre un plus grand nombre de problèmes», a résumé Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse commune à l'issue du sommet. Ce dernier se déroulait sous les auspices du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel.

Le maître du Kremlin s'est voulu plus optimiste, saluant un «pas important» vers une désescalade et «sans doute» un dégel. «La Russie va faire tout ce qui dépend d'elle pour que le conflit soit terminé», a-t-il affirmé.

Un sommet d'ici quatre mois

Les quatre dirigeants sont au moins tombés d'accord sur un point après trois ans de paralysie dans le processus de paix: «Le fait que nous soyons côte à côte est en soit un résultat important», a assuré Emmanuel Macron.

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Consolidation du cessez-le-feu, nouvel échange de tous les prisonniers restant d'ici la fin décembre, nouveau retrait de combattants de trois zones d'ici fin mars prochain... Le sommet a envoyé plusieurs signaux positifs.

Pour tenter de surmonter les différends, les quatre dirigeants sont convenus de faire plancher leurs chefs de la diplomatie sur «les conditions politiques et sécuritaires» en vue des élections et de se retrouver pour un nouveau sommet «d'ici quatre mois».

Forte pression pour Zelensky, novice en politique

Mais le président ukrainien n'a pas pu arracher les concessions qu'il demandait pour l'organisation d'élections locales dans le Donbass. Kiev craint qu'elles ne se fassent aux conditions des séparatistes et ne soient pas libres et transparentes.

Il réclame notamment le démantèlement préalable de tous les groupes armés «illégaux» - comprendre les séparatistes pro-russes et leurs parrains russes - et le retour sous contrôle ukrainien de la frontière entre cette région de l'Est de l'Ukraine et la Russie. «Nous avons des divergences complètes sur la frontière», a-t-il martelé. Moscou réclame de son côté l'application des accords de Minsk qui prévoient le retour de la frontière sous contrôle ukrainien après les élections seulement.

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Volodymyr Zelensky, novice en politique, est aussi sous la pression de son opinion, qui redoute de le voir faire trop de concessions face à Vladimir Poutine. Plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers jours. Selon l'agence Interfax, les protestataires réunis lundi soir devant la présidence ont estimé que le chef de l'Etat «n'a franchi aucune ligne rouge» à Paris.

Une détente diplomatique depuis l'élection du président ukrainien

L'Occident et l'Ukraine accusent Moscou de financer et d'armer les rebelles, ce que la Russie nie, affirmant jouer un rôle politico-humanitaire pour protéger les populations locales russophones. Le conflit a fait plus de 13 000 morts dans le Donbass, bastion industriel de l'Est ukrainien, et un million de déplacés depuis 2014. Les combats ont fortement baissé en intensité depuis les accords de Minsk en 2015. Mais 80 000 hommes continuent de se faire face de part et d'autre d'une ligne de front qui s'étire sur 500 kilomètres.

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Depuis le changement de président en Ukraine, une certaine détente se fait sentir. Un échange de 70 prisonniers a pu avoir lieu en septembre. Les troupes belligérantes ont reculé dans trois petits secteurs de la ligne de front, et des navires de guerre ukrainiens saisis par la Russie ont été rendus.

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