Le président russe Vladimir Poutine a ouvert d’un ton froid lundi les discussions avec les dirigeants de l’UE à Saint-Pétersbourg, mettant sur la table les «barrières» imposées aux Russes, lors d’un sommet qui devrait aborder notamment la question de la Syrie. Après avoir accueilli le président de l’UE Herman Van Rompuy et son homologue de la Commission européenne José Manuel Barroso au Palais Konstantin, dans la banlieue de Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine a ouvert les discussions officielles de ce 29e sommet Russie-UE.

«Une véritable coopération est impossible tant qu’il y aura des barrières pour les ressortissants de nos pays», a déclaré M. Poutine en référence à la suppression du régime de visas réclamée avec insistance par Moscou.

Les journalistes russes qui l’accompagnaient à Berlin puis Paris vendredi n’avaient eu que des visas d’une journée, qui arrivaient à expiration en pleine conférence de presse dans la capitale française: «Et quoi, ils devaient se lever et partir?» a demandé, ironique, M. Poutine à ses interlocuteurs.

La Russie négocie depuis des années avec l’UE la suppression des visas avec la zone Schengen, mais l’UE a posé nombre de conditions, de la sécurisation des passeports au respect des droits de l’homme.

M. Barroso a observé que la levée des entraves à la circulation était un objectif partagé. «La Russie et l’Europe se heurtent à d’importantes transformations politiques, économiques et sociales. Un nouveau cycle commence, cela nous donne la possibilité de regarder vers l’avant, de réfléchir en termes stratégiques à ce que nous voulons construire ensemble, où nous voulons être dans cinq ans», a-t-il dit à M. Poutine.

MM. Poutine, Barroso et Van Rompuy s’étaient retrouvés dès dimanche soir à Saint-Pétersbourg pour de premiers entretiens lors d’un dîner informel.

L’ombre syrienne

Outre des questions comme les visas, le commerce et la coopération énergétique, MM. Van Rompuy et Barroso comptent tenter à leur tour de convaincre M. Poutine d’infléchir son soutien au président syrien Bachar el-Assad, Moscou étant un allié de longue date de Damas, et évoquer l’Iran.

Le président russe est resté ferme sur ses positions lors de ses déplacements à Berlin et Paris vendredi, écartant de nouveau toute sanction de l’ONU contre le régime de Bachar el-Assad, de même que le départ du dirigeant syrien.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a exhorté dimanche la Russie à soutenir une transition politique en Syrie, déclarant que le départ de Bachar el-Assad devait être le «résultat» de cette transition.

Le dossier iranien toujours là

Les difficiles négociations entre l’Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire controversé de Téhéran seront également au menu des entretiens avant de nouveaux pourparlers à Moscou les 18 et 19 juin.

Vladimir Poutine va rencontrer son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad en marge d’un sommet à Pékin mardi et mercredi, alors que les tensions sur le nucléaire iranien restent vives.

La Russie a dénoncé par le passé les «sanctions unilatérales» contre l’Iran, jugeant que l’introduction par l’Union européenne d’un embargo pétrolier était «erronée» et relevait d’un «diktat».

Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à fabriquer l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran a toujours nié.