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Les sorcières hantent toujours Salem

A force d’entendre le président américain menacé de destitution parler de «chasse aux sorcières», notre correspondante aux Etats-Unis a voulu se rendre à Salem, à 30 kilomètres de Boston. Et plonger dans l’atmosphère de 1692

Arpenter les ruelles de Salem un jour de pluie, avec un vent glacial qui traverse les habits, est probablement la meilleure façon de s’inspirer de son atmosphère. C’est ici, dans cette petite bourgade aux maisons de bois colorées, et dans les villages environnants, que s’est déroulée, entre février 1692 et mai 1693, une terrifiante chasse aux sorcières qui a marqué l’histoire des Etats-Unis. Dix-neuf personnes accusées de sorcellerie ont été pendues dans un climat de suspicion généralisé. Parmi elles, cinq hommes. Un sixième a été torturé à mort.

A force d’entendre Donald Trump, dont le procès en destitution se déroule ces jours au Sénat, accuser les démocrates de «chasse aux sorcières», l’envie de nous rendre dans cette petite bourgade (44 000 habitants) de la Nouvelle-Angleterre s’est fait ressentir. La maire de Salem, Kim Driscoll, a d’ailleurs récemment fait parler d’elle en suggérant à Donald Trump d'«apprendre un peu d’histoire». Le président a osé déclarer, dans une lettre adressée à la démocrate Nancy Pelosi, qu’il estimait avoir été moins bien traité lors de la procédure d’impeachment à la Chambre des représentants «que les accusés pendant les procès des sorcières de Salem». Donald Trump devrait lire ce qui suit.