«Nous ne sommes pas des danseuses», prévenait un Guadeloupéen fin février. En butte à un niveau de vie élevé, à la récession économique et à un taux de chômage endémique, les insulaires réclamaient une augmentation de leur pouvoir d’achat. Ils ont été entendus hier, après 44 jours de grève générale. Un accord a été signé mercredi soir entre la préfecture et le leader du LKP, Elie Domota, meneur de la contestation.

Le texte prévoit une augmentation des bas salaires, fixe le prix de la baguette, traite de l’embauche des enseignants ou encore de l’octroi de billets d’avions à prix réduits. Le Medef a refusé de parapher, mais encourage les patrons à verser à leurs employés 50 à 100 euros de «prime à la vie chère» - contre les 200 prévus par l’accord pour les petites paies. Ce matin, la vie reprend lentement son cours à Pointe-à-Pitre.

Si l’Hexagone peut se féliciter d’avoir calmé les tensions guadeloupéennes, il risque de devoir en affronter d’autres ailleurs. En Martinique, la grève dure depuis un mois. A la Réunion, un appel à manifester a été lancé pour ce jeudi. Considérées souvent comme un poids – financier – pour la France, les Antilles lui confèrent en réalité un statut de grande puissance et des subventions européennes liées à la surface maritime. Des avantages qui valent bien, sans doute, quelques concessions sociales.