Le Sud-Soudan fait face à de violents affrontements depuis le début de l’année dans le secteur de Wunchuei dans l’Etat sudiste de Warrap, où les premières informations commencent seulement à filtrer après la visite, il y a deux jours, d’une équipe des Nations Unies dans cette région reculée. «Les sources locales sur le terrain font état d’au moins 140 morts, 90 blessés et de 30’000 têtes de bétail volées», a déclaré jeudi Lise Grande, chef des opérations humanitaires de l’ONU pour le Sud-Soudan.

Des casques bleus de l’ONU se dirigeaient jeudi en véhicules dans cette zone reculée pour tenter d’obtenir plus de précisions sur ces violences et leurs conséquences, a ajouté la responsable. «Nous sommes très préoccupés» par l’état de la situation sur le terrain, a ajouté Mme Grande.

Plusieurs des morts sont membres de la tribu Dinka qui auraient été attaqués par des rivaux de la tribu Nuer, selon des sources locales, mais il n’a pas été possible de confirmer cette information. Les combats entre tribus rivales --souvent motivées par des luttes pour le bétail ou alimentées par un sentiment de vengeance-- ont monté en flèche depuis un an au Sud-Soudan.

En 2009, environ 2500 personnes sont mortes et 350’000 ont été déplacées en raison des combats au Sud-Soudan, vaste région sous-développée qui panse encore ses plaies cinq ans après la fin de la guerre civile avec le Nord du pays à l’origine de deux millions de morts de 1983 à 2005.

«Nous avons observé l’an passé une hausse des violences dans le sud du Soudan. Cela pourrait encore s’aggraver et devenir l’une des plus grosses urgences en Afrique en 2010», ont averti jeudi un groupe de dix ONG, dont Oxfam, dans un rapport publié à Londres. Ces nouvelles violences dans l’Etat sudiste de Warrap surviennent peu avant le cinquième anniversaire de l’accord de paix global (CPA) qui avait mis fin le 9 janvier 2005 à la guerre civile entre le nord, majoritairement musulman, et le sud, en grande partie chrétien, du Soudan.

Cet accord de paix prévoit la tenue des premières élections multipartites depuis 1986, en avril prochain, et un référendum en janvier 2011 sur l’indépendance du Sud-Soudan, deux événements clés qui pourraient fournir le prétexte à de nouvelles flambées de violence, redoutent les ONG.