Née de l'accord historique entre les militaires et la contestation, la transition vers un pouvoir civil au Soudan a pris corps mercredi avec l'investiture du Conseil souverain devant superviser la transition et d'un nouveau Premier ministre.

Un gouvernement devrait être formé dans la semaine qui vient, puis les nouvelles institutions s'attelleront à tenter de redresser un pays à l'économie exsangue et marqué par des conflits meurtriers dans plusieurs régions.

L'économiste Abdallah Hamdok, ancien collaborateur des Nations unies, a prêté serment comme Premier ministre lors d'une brève cérémonie à Khartoum, peu de temps après avoir atterri dans la capitale soudanaise depuis Addis Abeba. «Les priorités du gouvernement seront d'arrêter la guerre, de construire une paix durable, de faire face à la sévère crise économique et de mettre en place une politique étrangère équilibrée», a-t-il déclaré à des journalistes.

Les militaires partagent le pouvoir

Quelques heures plus tôt, le Conseil souverain avait été intronisé en remplacement du Conseil militaire de transition qui avait pris les rênes du pays depuis la chute d'Omar el-Béchir le 11 avril. Ces deux avancées ont été saluées dans un communiqué du Conseil de sécurité de l'ONU. «Il s'agit de pas importants pour apporter la paix et la sécurité à la population du Soudan», souligne ce texte publié à New York.

Lire aussi: Formation du Conseil souverain censé mener la transition au Soudan

Le Soudan n'est désormais plus exclusivement dirigé par des militaires, pour la première fois en trois décennies, même si l'armée doit dans un premier temps présider le Conseil souverain. Le chef du Conseil militaire sortant, le général Abdel Fattah al-Burhane, a prêté serment à sa tête.

Vêtu de son uniforme militaire et coiffé de son habituel béret vert, il a été intronisé lors d'une courte cérémonie, une main sur un exemplaire du Coran et un bâton de maréchal sous le bras. Les autres membres de la nouvelle instance -composée de six civils et cinq militaires- ont prêté serment peu après.

L'objectif de pacifier un pays marqué par plusieurs conflits

Selon les termes de l'accord officiellement signé samedi, le général Burhane dirigera le Conseil pendant 21 mois et un civil lui succédera pour le reste des 39 mois de transition prévus. Les nouvelles institutions vont faire face à de lourds défis.

Lire aussi: Soudan: armée et contestation signent un accord historique

Sur le plan intérieur, les nouvelles autorités auront la lourde tâche de redresser une économie exsangue et de pacifier un pays encore marqué par plusieurs conflits, du Darfour (ouest) au Kordofan-Sud (sud). Dans son communiqué, le Conseil de sécurité appelle à reprendre «rapidement» les négociations pour mettre un terme à ces différents conflits.