La scène a un petit goût de la crise des missiles. Ce jour-là, le monde avait cessé de respirer alors que des navires soviétiques, transportant des armes nucléaires, voulaient rompre le blocus imposé par les Etats-Unis sur Cuba. Toutes proportions gardées, un autre blocus vient de céder: le Fortune, un tanker battant pavillon iranien a rejoint lundi les côtes du Venezuela, théâtralement escorté par des avions de chasse vénézuéliens. Au-delà de la transaction économique, c’est un double pied de nez adressé aux Etats-Unis, puisque les deux pays sont frappés par de lourdes sanctions américaines et sa politique de «pression maximale».

L’arrivée de ce tanker rempli de carburant devrait être suivie de quatre autres dans les prochains jours. Elle a suscité un discours fleuri de la part du dirigeant vénézuélien, Nicolas Maduro. «Nous sommes deux peuples rebelles, deux peuples révolutionnaires qui ne se mettront jamais à genoux», s’est-il enflammé, en remerciant l’Iran «de sa solidarité, de son soutien et de son courage».