Venezuela

Des soupçons de corruption dans l'entourage de Juan Guaido

Selon le site Armando.info, neuf députés d'opposition sont intervenus en faveur d'un chef d'entreprise colombien, Carlos Lizcano. Ces soupçons égratignent l'image de Juan Guaido qui lutte «contre la corruption du régime»

Des soupçons de corruption pèsent sur des députés proches de Juan Guaido, affaiblissant encore un peu plus la stratégie du chef de file de l'opposition vénézuélienne pour évincer le président socialiste Nicolas Maduro. Dans une enquête publiée dimanche, le site d'information vénézuélien Armando.info affirme que neuf députés d'opposition, soutiens de Juan Guaido, sont intervenus en faveur d'un chef d'entreprise colombien, Carlos Lizcano. Ce dernier est lié au programme Clap, mis en place par le gouvernement de Nicolas Maduro pour fournir de la nourriture à des prix très bas aux plus nécessiteux.

Il serait, selon Armando.info, au service de deux autres entrepreneurs colombiens, Alex Saab et Alvaro Pulido, visés par des sanctions américaines pour avoir surfacturé des importations de denrées destinées à Clap. La justice américaine accuse les deux hommes d'avoir blanchi de l'argent provenant de Clap.

Selon l'enquête d'Armando.info, les députés d'opposition mis en cause auraient pris contact avec les autorités colombiennes et américaines pour leur demander qu'elles se montrent «indulgentes» envers Carlos Lizcano, affirmant que ce dernier n'avait rien à voir avec les affaires illégales d'Alex Saab et Alvaro Pulido.

Un coup dur à la stratégie de Guaido

«Je ne permettrai pas que la corruption mette en péril tout ce que nous avons sacrifié», a réagi Juan Guaido sur Twitter. «La corruption ne peut pas être tolérée», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, annonçant une commission d'enquête parlementaire.

Mais ces soupçons à l'encontre de députés voués à sa cause portent un nouveau coup à sa stratégie. «Il est encore tôt pour évaluer l'impact» de ces révélations, estime Felix Seijas, directeur du cabinet de sondages Delphos. «Mais plus Guaido s'affaiblit dans l'opinion publique, plus il est susceptible d'être attaqué.»

Le 5 janvier, son mandat à la tête du Parlement arrive à échéance. Or, c'est en se prévalant de ce titre qu'il s'était proclamé président par intérim. Bien qu'existe un certain consensus au Parlement pour qu'il soit maintenu dans ses fonctions, certains groupes minoritaires critiquent ouvertement sa stratégie pour évincer Nicolas Maduro. D'autres ont engagé des négociations avec le chef de l'Etat.

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D'autres soupçons touchent son entourage

Et les soupçons de corruption portés par Armando.info ne sont pas les seuls à toucher son entourage. Vendredi, l'opposant avait limogé Humberto Calderon Berti, son représentant diplomatique en Colombie, pays qui reconnaît Juan Guaido comme président par intérim.

Dans la foulée, Humberto Calderon Berti a accusé des envoyés de Juan Guaido d'avoir utilisé de manière indue des fonds destinés à aider 148 soldats vénézuéliens qui avaient déserté en Colombie en février. «Les autorités colombiennes m'ont alerté et m'ont montré des documents où il était question de prostituées, d'alcools, d'un tas d'abus», a déclaré Humberto Calderon Berti à la presse, sans accuser nommément personne. Il a aussi exonéré Juan Guaido de toute malversation.

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Samedi soir, le député d'opposition Freddy Superlano, dans une lettre à Juan Guaido, a annoncé sa démission de la présidence de la commission d'enquête sur les affaires financières de l'Assemblée pour «faciliter l'enquête».

Parallèlement, les principaux partis d'opposition, Primero Justicia et Voluntad Popular, le parti de Juan Guaido, ont exclu des commissions auxquels ils appartenaient au Parlement cinq députés, dont les noms apparaissaient dans l'article d'Armando.info.

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