Défense

Les soutiens de Tariq Ramadan dénoncent un complot sioniste

Rares sont les voix à s’être manifestées pour défendre Tariq Ramadan. Ces alliés dénoncent un complot de réseaux pro-israéliens. Mais la plupart d’entre eux demeurent silencieux ou invoquent la présomption d’innocence

Au vu de sa popularité, une levée de boucliers érigés en défense de l’essayiste genevois était attendue. Au contraire: en France comme en Suisse, rares sont les leaders de l’islam à se manifester contre les accusations qui visent Tariq Ramadan. Certes, son message publié sur Facebook le 28 octobre, qui clamait son innocence, a reçu plus de 2000 commentaires, mais leur provenance venait surtout d’admirateurs anonymes. Les grandes voix, elles, à l’image du Collectif des musulmans de France demeurent, pour la plupart, silencieuses.

Un complot contre Ramadan

Contacté par téléphone, son frère Hani Ramadan a été bref. Il dit préférer se taire face à ces «calomnies dangereuses et mensongères». Par message, le directeur du Centre islamique de Genève a ensuite précisé qu'«elles n’honorent ni ceux qui les profèrent, ni ceux qui s’en font l’écho».

Le 29 octobre, dans une lettre ouverte publiée sur son blog hébergé par le site de la Tribune de Genève, Hani Ramadan demandait cependant de diffuser largement une publication baptisée «Une calomnie à cinq pour cent». Celle-ci relayait les paroles d’un communiqué écrit par Yamin Makri, cofondateur de l’Union des jeunes musulmans, un mouvement proche de Tariq Ramadan. Celui-ci dénonce une machination en cours contre le prédicateur, ainsi qu’un complot sioniste: «Tariq Ramadan, dont les positions antisionistes sont bien connues, est encore en train de subir les foudres de réseaux pro-israéliens français et étrangers.»

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De vigoureux défenseurs

C’est sous cette thèse du complot sioniste que se réunissent la plupart des soutiens du prédicateur, connu également à travers sa lutte pour défendre la cause palestinienne. Mais il y a aussi l’image de cet homme, droit et brave, que ses admirateurs ne peuvent imaginer obscurcie. Saïd Branine, fondateur et responsable du site Oumma.com, confiait à ce titre à Libération son incompréhension: «C’est une figure de l’islam de France. Ce qui est révélé en ce moment est en contradiction avec l’image policée qu’il a toujours renvoyée.»

Les défenseurs de Tariq Ramadan sont peut-être rares, mais ceux qui se manifestent sur les réseaux jouissent d’un fervent auditoire. Ce fut le cas d’Abdelmonaïm Boussenna. L’imam officiant à Roubaix jouit d'une popularité croissante sur la Toile.

La vidéo de son prêche publiée vendredi dernier, dans laquelle il dénonce la «calomnie» qui vise Tariq Ramadan, a été visionnée plus de 191 000 fois. «N’existe-t-il pas un principe qui s’appelle la présomption d’innocence?» demande l’imam de 27 ans en invitant les musulmans comme les non-musulmans à «ne pas condamner sans la moindre preuve, sur la base des on-dit».

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