Les élections européennes tournent au désastre pour le Parti social-démocrate (SPD) du chancelier Gerhard Schröder. Crédité d'à peine 22% des suffrages, la formation du chancelier recule de 9 points par rapport à 1999. Plus grave est la comparaison avec sa courte victoire aux législatives nationales de 2002. En un peu moins de deux ans, la régression, d'environ 16 points, est dramatique. Il faut remonter aux années d'après-guerre, la décennie 50, pour retrouver un Parti social-démocrate aussi faible qu'aujourd'hui au niveau national.

Toute la campagne a été stylisée par l'opposition (les Unions chrétiennes) comme un test national de la politique du gouvernement. Le SPD, accusé par l'Union chrétienne démocrate (CDU) et sa cousine bavaroise CSU d'entraîner le pays «dans le chaos», est décrédibilisé. Les Unions récoltent 45,2 à 45,5% des suffrages et Angela Merkel, cheffe désormais incontestée de l'opposition, attend la chancellerie comme un fruit mur, au plus tard en 2006. Peut-être même déjà en 2005 si le SPD perd deux de ses bastions lors d'élections régionales en février (Schleswig-Holstein) et surtout en mai (Rhénanie du Nord-Westphalie).

Les Verts, dynamisés par Daniel Cohn-Bendit, se renforcent de façon spectaculaire. Crédités de 11,2 à 11,5% des suffrages (+5 points), ils obtiennent un score historique. Les néocommunistes (PDS) et les libéraux (FDP) franchissent le quorum, avec environ 6%.