Allemagne

Le SPD et les conservateurs trouvent un accord sur l'immigration

Ils ont accepté d’accélérer les procédures de renvoi des migrants ayant déjà demandé l’asile dans un autre pays de l’UE. Le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, s’est dit «extrêmement satisfait» de cet accord

Les sociaux-démocrates allemands (SPD) et les deux partis conservateurs, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et l’Union chrétienne-sociale (CSU), ont trouvé un accord jeudi soir sur le renvoi de certains migrants à la frontière austro-allemande. La présidente du SPD, Andrea Nahles, l’a annoncé jeudi soir.

Les trois partis de la grande coalition au pouvoir ont accepté d’accélérer les procédures de renvoi des migrants ayant déjà demandé l’asile dans un autre pays de l’Union européenne, a dit à la presse Andrea Nahles. Elle a précisé qu’il n’y aurait aucun centre de transit et aucune décision unilatérale de l’Allemagne.

Lire aussi: Angela Merkel sauve son gouvernement

«Je veux être très claire sur le fait que nous n’avons pas accepté une sorte de compromis. A la place, nous avons rédigé une nouvelle proposition qui comprend des solutions raisonnables, et la CDU-CSU a joué une pièce de théâtre ces trois dernières semaines dont ce pays, notre pays, n’avait pas besoin», a affirmé Andrea Nahles à la ZDF.

Le SPD a par ailleurs obtenu l’élaboration d’une loi sur l’immigration dans le pays visant à pallier le manque de main-d’œuvre, et la mise en place de mesures pour lutter contre l’immigration illégale non seulement en Bavière, mais dans l’ensemble de l’Allemagne.

Un accord qui «reste humain»

L’accord de deux pages conclu jeudi soir prévoit que les procédures des migrants ayant déjà demandé l’asile dans un autre pays soient traitées dans les quarante-huit heures dans des postes de police – pas de centres de transit séparés – s’ils ne peuvent pas être transportés à l’aéroport de Munich pour retourner dans le pays de leur première demande.

Le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer (CSU), à l’origine de la fronde contre la chancelière et qui militait pourtant pour la création de centres de transit à la frontière, s’est dit «extrêmement satisfait» de cet accord. Au final, on parlera donc de «centres de transfert» qui seront aménagés dans les postes de police existants, «où il n’y a pas de barbelés ou équivalent», a assuré Horst Seehofer. Selon lui, cela concernerait entre 2 et 5 migrants illégaux par jour.

Lire aussi: Migrants: face au durcissement allemand, l’Autriche veut «protéger» ses frontières

La secrétaire générale de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a salué cet accord, qui permet d’avoir une approche plus unie sur l’immigration. «Avec cela, la coalition entière s’est engagée dans le but de gérer, contrôler et limiter l’immigration», a-t-elle dit, ajoutant que cet accord, qui «reste humain», permettait de rendre efficace la politique migratoire du gouvernement.

 

Publicité