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Proclamation des résultats au siège du SPF, à Berlin, le 4 mars 2018.
© KAY NIETFELD

gouvernement

Le SPD valide largement l’accord de coalition d’Angela Merkel

La base des sociaux-démocrates a accepté à 66% l’accord avec la chancelière et les conservateurs. Fin d’un gel politique de cinq mois

Les adhérents du Parti social-démocrate (SPD) ont approuvé l'accord de coalition avec les conservateurs d'Angela Merkel, a indiqué dimanche le SPD. Le oui l'a emporté avec 66,02% des voix.

«J'ai informé le président [Frank-Walter Steinmeier] et la chancelière [Angela Merkel] de ce résultat», a indiqué le chef par intérim du SPD, Olaf Scholz. Quelque 78,4% des 463 000 membres du SPD ont participé au vote. Sans l'aval des sociaux-démocrates, la formation d'un nouvel exécutif sous la direction d'Angela Merkel était impossible.

Lire aussi: Angela Merkel chahutée dans son propre camp

Cinq mois de suspension

La direction du parti avait négocié en février un accord avec la chancelière et les membres du plus vieux parti d'Allemagne devaient l'approuver, sur fond de divisions internes. Le feu vert de la base du SPD met fin à cinq mois d'imbroglio post-électoral inédit dans le pays, au moment même où l'Europe, secouée par la crise du Brexit et la montée des nationalismes, a plus que jamais besoin d'un exécutif solide en Allemagne.

«Je me réjouis de la poursuite de notre collaboration pour le bien de notre pays», a réagi la chancelière dans un tweet posté par son parti conservateur.

Angela Merkel devrait être formellement élue chancelière par les députés à la mi-mars, le 14 probablement. Elle entamera alors son quatrième mandat, probablement le dernier, selon les observateurs. Il s'annonce toutefois nettement plus délicat que les précédents. «Un nouveau départ sur des bases bancales», résume l'édition en ligne du Süddeutsche Zeitung dans un commentaire dimanche.

Lire également: Angela Merkel sort affaiblie des négociations de coalition

La coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs détient seulement une courte majorité au Bundestag (un peu plus de 53%), après les élections générales du 24 septembre marquées par une percée historique de l'extrême droite (AfD) et une érosion des partis traditionnels.

Critiquée dans son parti

La chancelière de 63 ans n'a en outre jamais été autant critiquée dans son parti qu'elle dirige depuis environ deux décennies. Surtout depuis qu'elle a cédé au SPD le ministère des Finances, traditionnelle chasse gardée des conservateurs très attachés à l'austérité budgétaire.

Plusieurs cadres du parti chrétien-démocrate ont ouvertement mis en cause la ligne centriste défendue par Angela Merkel et sa politique migratoire longtemps généreuse qui a vu l'arrivée depuis 2015 de plus d'un million de demandeurs d'asile.

Ces positionnements ont nourri selon eux la montée de l'extrême-droite, et ils réclament un net virage à droite. Face à la grogne, elle a imposé une proche – et potentiel successeur à la chancellerie –, Annegret Kramp-Karrenbauer, comme secrétaire générale de la CDU avec mission de resserrer les rangs. Et appelé au ministère de la Santé son principal détracteur, le jeune et ambitieux Jens Spahn, histoire de neutraliser son influence, du moins pour le moment.

Les autres partis politiques allemands ont salué l'annonce, excepté la Gauche radicale et l'AfD. «La facture arrivera au plus tard en 2021», a prévenu dans un tweet Alice Weidel, co-présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite. A cette date, a-t-elle assuré, son parti sera devenu «la deuxième force d'opposition en Allemagne».

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