Les élections régionales de Brême marqueront-elles le retour des Verts aux responsabilités gouvernementales en Allemagne? Exclus de toute responsabilité gouvernementale à l'échelon régional ou fédéral depuis 2005, les «Grünen» de la ville-Etat de Brême, le plus petit Land d'Allemagne, sortent renforcés du scrutin de dimanche. Avec les 16,5% des voix que leur donnent les sondages sortie des urnes, ils sont désormais un partenaire sérieux pour constituer avec les sociaux-démocrates du SPD une coalition rouge-verte.

Les électeurs, peu motivés, ont sanctionné les deux grands partis. Avec 37 à 38% des voix, le SPD reste le plus fort de la ville hanséatique et de son avant-port, Bremerhaven. Mais il a perdu plus de 4%. La CDU, qui recueille 25 à 26%, recule elle aussi. Les conservateurs n'ont pas bénéficié de la popularité, au niveau national, d'Angela Merkel. La campagne agressive contre une terroriste repentie de la Rote Armee Fraktion, qui donnait des cours d'allemand à des enfants d'immigrés, s'est retournée contre elle.

Au pouvoir depuis soixante ans, le SPD a désormais le choix de son partenaire. Jens Böhrnsen, bourgmestre depuis deux ans, pourrait être tenté de passer une alliance avec les Verts, en pleine progression. Il y sera sans doute encouragé par la direction nationale du SPD, pas mécontente de faire savoir aux conservateurs qu'il y a d'autres alliances possibles que la grande coalition. Mais l'élection de la «Bürgeschaft», le parlement brêmois, marque aussi l'arrivée d'un nouveau parti tout à gauche de l'échiquier: «die Linke». Pour la première fois, le parti de Gregor Gysi et d'Oskar Lafontaine, né de la fusion des ex-communistes du PDS et de déçus sociaux-démocrates, fait son entrée dans un parlement régional d'un Land de l'ouest.

Le retour des Verts, l'ancrage de «die Linke» à l'ouest pourraient amorcer un mouvement similaire pour la série d'élections régionales et communales en 2008 dans plusieurs Länder importants.