La victoire de Benyamin Netanyahou aux élections législatives israéliennes de lundi marque son retour en grâce. Ce succès est d’autant plus important que ces troisièmes élections en moins d'une année avaient pris la forme d’un référendum autour du premier ministre sortant dont le procès pour corruption doit débuter le 17 mars. Avec un taux de participation en hausse à 71%, du jamais vu depuis 1999 dans le pays, le dirigeant voit sa légitimité augmentée mais il n’a jamais gagné là qu’une première bataille. Pour l’emporter complètement, il doit encore réussir à former un gouvernement et la tâche s’annonce difficile.

Selon des décomptes encore provisoires, le Likoud, le parti dont Benyamin Netanyahou était la tête de liste, a remporté 36 sièges sur les 120 de la Knesset, le parlement israélien. C’est quatre de plus que la formation Bleu Blanc de son rival du centre Benny Gantz. Une avance nette mais insuffisante pour obtenir une majorité, même avec les alliances des partis de droite. Il manque trois sièges au bloc formé par le premier ministre sortant pour atteindre les 61 votes nécessaires à la majorité absolue. Cette situation rend la victoire de Netanyahou fragile puisqu’il va devoir, de nouveau, tenter de former un gouvernement de coalition. Un défi colossal, sachant que les deux tentatives précédentes ont toutes abouti à des échecs. De plus, depuis novembre dernier, un nouvel obstacle est venu s’ajouter: Benyamin Netanyahou est désormais accusé de corruption par l’Etat même qu’il est appelé à diriger.