Face à l’imminence d’une troisième vague de contaminations, la France veut serrer la vis avec ses voisins. Un test PCR négatif au coronavirus pourrait être exigé avant l’entrée sur le territoire pour les voyageurs en provenance de l’espace européen, y compris la Suisse. «Nous envisageons de renforcer les mesures de contrôle. Il est possible aujourd’hui d’imposer des tests entre pays européens avant de circuler», a récemment déclaré Clément Beaune, secrétaire d’Etat auprès du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, sur l’antenne de France Info. Autre piste évoquée: un isolement de sept jours à l’arrivée dans le pays.

Lire aussi: Pour un confinement complet mais bref

La volonté du gouvernement français n’a pas encore atteint la frontière avec la Suisse. Le test sera-t-il obligatoire? Concernera-t-il seulement les passagers aériens? Le flou règne sur la nature des mesures qui pourraient entrer en vigueur dans la région. «Il y a effectivement beaucoup de rumeurs qui circulent et pour lesquelles mon équipe et moi-même tentons de répondre avec les éléments que nous avons à disposition, indique Patrick Lachaussée, consul général de France à Genève. A ce stade, la position française vis-à-vis de ses partenaires européens au sens large est celle qui a été énoncée la semaine dernière. Les déplacements restent possibles dans l’espace Schengen sans test PCR ou mesure de quarantaine.»

Notre suivi de la journée de mardi: Le nombre d’infections diminue en Suisse, 2260 nouveaux cas et 75 décès en 24 heures

Réunion des Vingt-Sept

La situation pourrait rapidement évoluer. Les Vingt-Sept tiendront jeudi prochain un nouveau sommet sur leur coordination face à la crise sanitaire. «Nous menons une concertation avec ces pays européens, a confirmé Clément Beaune. Nous déciderons dans les prochains jours.» Selon une source française, ce possible durcissement devra s’accompagner d’un maintien de la circulation des frontaliers, des approvisionnements et plus largement des bassins de vie transfrontaliers. L’enjeu économique est important: 350 000 travailleurs français se rendent chaque jour en Suisse, au Luxembourg ou dans un autre pays limitrophe. Cette population échappera à l’obligation d’effectuer un test. Le secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes a d’ailleurs tenu à rassurer sur leur situation: «La circulation des travailleurs frontaliers, ce n’est pas du luxe. C’est leur vie quotidienne, ils en dépendent pour travailler.»

Lire aussi: «Le relâchement a été plus marqué en Suisse que dans d’autres pays»

La France n’est pas la première à envisager la mise en place d’un tel dispositif de contrôle. Les voyageurs souhaitant se rendre en Belgique, aux Pays-Bas ou encore en Espagne doivent présenter un test PCR négatif. L’idée infuse à Bruxelles et pourrait s’imposer à l’échelle européenne. A une exception près: la libre circulation des travailleurs. Charles Michel, président du Conseil européen, appelle à ne pas pénaliser l’activité économique.