Commission européenne

Spéculations autour de trois candidats «outsiders»

La nomination sera faite d’équilibre avec d’autres postes à repourvoir, selon un politologue

Spéculations autour de trois candidats «outsiders»

Catherine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international, n’est pas en lice pour remplacer José Manuel Barroso. Souvent mentionnée, sa candi­dature était envisagée par Angela Merkel, mais l’intéressée a déclaré vendredi qu’elle préférait terminer son mandat à Washington.

Pour le politologue Janis Emmanouilidis, il y a désormais peu de chance que Jean-Claude Jun­cker soit nommé à la présidence de la Commission européenne. «Les dirigeants et le Parlement européens pourront trouver un équilibre autour de plusieurs nominations qui doivent être faites en parallèle», dit-il. L’UE doit en effet également nommer un nouveau président du Conseil européen, en remplacement d’Herman Van Rompuy, ainsi qu’un nouveau chef de la diplomatie, à la place de Catherine Ashton. Le Parlement devra trouver un successeur à l’Allemand Martin Schulz pour sa présidence, à moins qu’il n’accepte un deuxième mandat. Il est aussi question de créer un poste permanent de président de l’Eurogroupe.

Pour la présidence de la Commission, outre celui de Jean-Claude Juncker, trois noms reviennent avec insistance. Cette semaine, Herman Van Rompuy a commencé ses consultations. Il proposera un candidat au prochain sommet européen les 26 et 27 juin à Bruxelles.

Jyrki Katainen, prêt pour un nouveau défi

C’est un hasard de calendrier qui tombe bien pour le premier ministre conservateur finlandais. Dans un premier temps, c’est-à-dire au début de juillet, il pourrait remplacer son compatriote le commissaire Olli Rehn, qui vient de se faire élire au Parlement européen. Ce mandat de commissaire arrivera à son terme fin octobre mais constituera un tremplin de choix pour se positionner pour le poste de président de la Commission. Né en 1971, marié et père de deux enfants, Jyrki Katainen est premier ministre depuis 2011. Il a rejoint le gouvernement en 2007 comme ministre des Finances.

Helle Thorning-Schmidt, une amie du WWF

La notoriété internationale de la première ministre danoise doit beaucoup au selfie pris en compagnie de Barack Obama et de David Cameron à l’enterrement de Nelson Mandela. Née en 1966, elle a fait ses études à Copenhague puis au Collège d’Europe à Bruges. Avant de prendre des responsabilités politiques, elle a été membre du Parlement européen. Elle est à la tête d’un gouvernement social-démocrate depuis 2011 et son mandat arrive à échéance l’année prochaine. L’an dernier, elle a obtenu le prestigieux prix Gift to the Earth pour avoir inscrit un objectif de 100% d’énergie renouvelable en 2050.

Dalia Grybauskaite,la dame de fer

La présidente de la Lituanie, en poste depuis 2009 et reconduite le mois dernier pour un nouveau mandat de cinq ans, a, comme Angela Merkel, grandi sous un système communiste. Née en 1956 à Vilnius, la capitale, elle a été professeur d’histoire avant la sortie du pays du joug soviétique en 1990. Par la suite, elle a été employée par le Département des affaires étrangères, avant d’être nommée ministre des Finances puis commissaire européen aux Budget. Elle connaît donc très bien les rouages de l’UE et bénéficie d’une bonne image dans la capitale européenne. Ceinture noire de karaté, la dame de fer lituanienne s’est déclarée prête à prendre les armes pour défendre l’indépendance ukrainienne contre l’agression russe. Elle a été nommée «femme de l’année» en 2010 par le magazine américain Glamour.

Européenne convaincue, elle s’est fait remarquer lorsque son pays a assumé la présidence européenne avec brio l’an passé. Il y avait néanmoins une déception: le renvoi de la signature de l’accord d’association UE-Ukraine. A présent, elle apporte un soutien ferme au nouveau président ukrainien élu, Petro Porochenko. Une candidate de compromis entre David Cameron et Angela Merkel? Ses chances sont considérées comme raisonnables.

Publicité