La question des avoirs de Hosni Moubarak doit faire l’objet d’une «action internationale concertée»: le ministre britannique du Commerce, Vince Cable, a rejoint dimanche le concert de ceux qui appellent à se pencher sur les comptes du président déchu. Chiffrée entre 40 et 70 milliards de dollars, la fortune de la famille Moubarak fait depuis quelques jours l’objet de toutes les spéculations, en Egypte et à l’étranger.

Mais alors que Berne a annoncé dès vendredi sa décision de geler «avec effet immédiat» les comptes que les Moubarak pourraient détenir dans les banques suisses, on dispose de très peu de détails sur la nature de ces avoirs.

«Hosni Moubarak n’a jamais eu la réputation d’avoir un goût immodéré pour le luxe», affirme un bon connaisseur de la vie politique égyptienne, qui a été reçu dans sa résidence de Charm el-Cheikh. Les noms des fils du raïs, notamment l’aîné, Alaa Moubarak, ont en revanche souvent été évoqués dans des scandales de corruption, d’abus monopolistiques ou de commissions prélevées sur les grands contrats d’importation.

Procureur saisi au Caire

Le Conseil suprême des forces armées, qui a salué samedi la contribution de Hosni Moubarak à l’histoire du pays, n’a pas indiqué publiquement s’il s’emparerait du dossier, pourtant largement commenté par la population. Les autorités «n’ont pas demandé pour le moment» le gel de ses avoirs à l’étranger, a précisé un porte-parole du gouvernement, mais «elles le feront si nécessaire». Selon des sources judiciaires citées par la presse locale, le procureur général du Caire aurait en revanche été saisi d’une demande de gel de ses comptes bancaires en Egypte.

Les militaires ne font pas preuve de la même mansuétude envers les hommes d’affaires qui avaient pris, ces dernières années, une place croissante au sein du Parti national démocratique au pouvoir et du gouvernement, alors que les rumeurs d’évasion de capitaux se multiplient. La semaine passée, la justice a ouvert des enquêtes pour corruption et dilapidation de fonds publics à l’encontre de quatre d’entre eux, dont trois anciens ministres (Commerce, Tourisme et Logement). Selon le journal Al-Masry el-Yom, 43 autres ministres, anciens et actuels, ne peuvent plus quitter le pays sans autorisation.