L’irruption du terrorisme a rebattu les cartes entre les favoris pour accéder au second tour de la présidentielle. Vendredi, au lendemain de l’attaque des Champs-Elysées, la fin de campagne électorale s’est jouée sur le terrain du régalien, les domaines qui touchent à l’autorité de l’Etat. Les principaux candidats ont en effet bouleversé leur agenda.

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Emmanuel Macron se dit «prêt à protéger les Français»

«Le rôle premier du président de la République est de protéger les Français. J’y suis prêt. Je serai implacable pour vous protéger», a déclaré Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse. Dans l’après-midi, il a également salué les forces de police postées à l’entrée du siège de sa campagne.

Souvent pointé du doigt pour son inexpérience, le fondateur du mouvement En marche! doit rassurer les Français sur sa capacité à lutter contre le terrorisme. Alors que la France est tétanisée par les attentats, cette dimension est plus que jamais indispensable pour accéder au second tour. Notamment face à Marine Le Pen et François Fillon qui ont fait de la sécurité un axe fort de leur campagne.

Pour François Fillon, «c’est eux ou nous»

Le candidat conservateur s’est également exprimé devant les journalistes. «J’ai décidé de modifier ma dernière journée de campagne», a affirmé François Fillon. L’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy espère marquer des points sur les questions régaliennes. «Notre ennemi à un nom: l’islamisme radical, il a un visage celui de la haine, il n’a qu’une obsession, la terreur. Notre réponse doit être globale et totale. C’est eux ou nous», a-t-il martelé.

Ces adversaires l’accusent toutefois de tomber dans la surenchère. Sur le plateau de France 2, François Fillon a évoqué jeudi soir «d’autres violences dans Paris». Cible de critiques, il a assumé ses propos à l’issue de sa conférence de presse: «Elles ont existé. D’autres attaques ont eu lieu hier soir. Regardez les rapports de police». La rumeur a pourtant été démentie par le porte-parole du ministre de l’Intérieur. «Faisons très attention aux rumeurs qui peuvent circuler», a prévenu Pierre-Henri Brandet.

Selon un sondage Ipsos Sopra-Steria pour France Télévisions et Radio France paru vendredi mais réalisé avant l’attaque des Champs-Elysées, il est crédité de 19% des intentions de vote au premier tour. S’il a consolidé sa base, François Fillon peinait à élargir son électorat.

Jean-Luc Mélenchon appelle à ne «pas céder à la panique»

Le candidat conservateur est à égalité avec Jean-Luc Mélenchon, selon cette même enquête d’opinion. Le candidat de la gauche radicale a, au contraire, fait le choix de ne pas modifier son agenda de vendredi. Il s’est tout de même exprimé au sujet du terrorisme dans une déclaration diffusée sur Facebook. «Notre devoir est de garder notre sang-froid, de ne pas céder à la panique», a-t-il prévenu. Avant d’ajouter, avec fermeté: «Nos valeurs républicaines exigent que l’on achève dignement cette campagne électorale. C’est-à-dire en annulant aucune réunion, aucune rencontre.»

Il avait appelé ses partisans à organiser vendredi des apéros partout en France. Pour lui, il est hors de question de renoncer à cette conclusion festive. Il s’est rendu à l’un de ces événements à Paris en compagnie de Pablo Iglesias, le leader de Podemos. Auteur d’une percée spectaculaire dans les sondages, le leader de la France insoumise espère s’imposer comme la seule alternative crédible à gauche.

Benoît Hamon en défenseur du «débat démocratique»

A la peine dans les sondages, son adversaire Benoît Hamon est sur la même ligne. «Ce serait une grave erreur de tomber dans la peur et de mettre entre parenthèses le débat démocratique», a-t-il assuré vendredi au micro de RMC. Le candidat du Parti socialiste a annulé un déplacement à Evry mais maintenu un discours sur les «valeurs de la République» dans le Tarn. Une ultime prise de parole pour tenter de convaincre les électeurs. L’opération semble toutefois vouée à l’échec, il pointe en cinquième position dans les sondages avec 7,5% des intentions de vote. En coulisses, le Parti socialiste prépare déjà l’après-présidentielle.


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