Les négociateurs des grandes puissances et de l’Iran étaient toujours enfermés vendredi à l’hôtel Intercontinental, à la recherche d’un accord intérimaire sur le programme nucléaire de Téhéran. Mais les choses s’accélèrent. Après le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, c’est au tour du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, d’accourir à Genève pour tenter d’arracher un accord au terme de quatre jours d’intenses tractations.

Son arrivée a été décidée après avoir consulté la cheffe de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui préside les discussions entre les pays du P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et l’Iran.

Vendredi en début de soirée, le ministre russe s’était engouffré dans l’hôtel, ignorant les dizaines de journalistes installés dans le hall. Sa porte-parole a toutefois fait savoir «qu’il n’aurait pas pris précipitamment l’avion pour Genève si les positions ne s’étaient pas rapprochées». Dès son arrivée, Sergueï Lavrov rentrait dans le vif du sujet par un tête-à-tête avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif.

Iraniens optimistes

La délégation iranienne s’est, elle aussi, montrée plus optimiste sur les chances d’aboutir à un accord. Il ne resterait plus que quelques points de désaccord signalés dans le texte par des crochets. «L’enrichissement d’uranium en Iran n’est pas négociable, et nous allons le poursuivre sur le sol iranien. Nous demandons à l’autre partie de respecter cela», a prévenu Mohammad Javad Zarif, conformément à la ligne rouge fixée par le guide de la révolution, Ali Khamenei.

Les négociations butent encore sur l’avenir du réacteur à eau lourde d’Arak, qui peut permettre à l’Iran de produire du plutonium, l’autre filière pour fabriquer une bombe atomique. «Il y a de moins en moins de points entre crochets mais ceux qui restent sont les plus difficiles», a confirmé une source occidentale.

Hier, la question syrienne s’était aussi invitée en marge des négociations. Mohammad Javad Zarif a rencontré Lakhdar Brahimi, le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe sur la Syrie. Le diplomate algérien doit aussi s’entretenir avec Sergueï Lavrov.

La participation de l’Iran est l’un des points d’achoppement qui retardent l’organisation du second volet de la conférence de paix sur la Syrie, dit de Genève 2. Les Russes et les Américains ont rendez-vous dès lundi au Palais des Nations pour tenter une nouvelle fois de fixer les modalités de la conférence.