Il n’y a pas un bateau à l’horizon. Sous un soleil de plomb, la mer est immobile à Point Pedro, dernier village du nord-est du Sri Lanka, ancienne zone de guerre et fief de la minorité tamoule. A l’ombre d’un palmier, Antony et Paranitaram, cousins et voisins, paressent en bordure de la route côtière crevassée. «Nous n’avons pas de kérosène pour sortir en mer, expliquent les jeunes pêcheurs. Si les pénuries de carburants et de nourriture se poursuivent, comment allons-nous manger à notre faim?» Sur la route déserte, diffusant à plein volume une musique aux notes stridentes, passe un petit marchand de glaces esseulé.