Bilans tronqués et tardifs, chiffres divergents: les données sur les victimes du coronavirus sont depuis plusieurs jours diffusées dans la confusion par le gouvernement brésilien. Lundi soir, il a annoncé 679 décès et 15 654 nouvelles contaminations en 24 heures.

Les bilans totaux s'élèvent à 37 134 morts et 707 412 infections au Brésil, troisième pays le plus endeuillé au monde et deuxième pour les contaminations.

Le ministère de la santé a également annoncé qu'il accorderait désormais la priorité au nombre de décès dus au Covid-19 diagnostiqués le jour même. Mais il a aussi assuré, en réponse aux critiques, que sa nouvelle plateforme continuerait de montrer «combien de morts ont été signalées ce jour ainsi que la date du décès». Ce changement de méthodologie n'est qu'un énième rebondissement.

Jair Bolsonaro accusé de vouloir «étouffer» les données du Covid-19

Dénonçant un «coup d'état statistique», le quotidien Folha de S. Paulo a accusé plus tôt lundi dans un éditorial virulent le président brésilien Jair Bolsonaro de vouloir «étouffer» les données du Covid-19, «comme s'il pouvait les censurer».

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En guerre ouverte avec les médias, le chef de l'Etat a justifié sans détour son intention de diffuser les données après les principaux journaux télévisés: «Il n'y aura plus de sujets [sur les chiffres officiels du coronavirus] au Jornal Nacional», a-t-il déclaré vendredi soir, citant le JT de grande audience de TV Globo.

Le président Bolsonaro n'a cessé de minimiser la pandémie, la qualifiant de «petite grippe» et appelant à la reprise des activités économiques.

Critiques de l'ancien ministre de la santé

Depuis une semaine, le bilan officiel du ministère de la santé, qui était rendu public ponctuellement à 17 heures au début de la crise sanitaire, n'est envoyé à la presse qu'autour de 22 heures. Et depuis vendredi dernier, le bulletin ne montre plus le nombre total de cas confirmés et de décès, présentant seulement les chiffres des dernières 24 heures.

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«Du point de vue de la santé, c'est à une tragédie à laquelle nous assistons [...] Ne pas informer signifie que l'Etat est plus nuisible que le virus», a lancé l'ancien ministre de la santé de Jair Bolsonaro, Luiz Henrique Mandetta. Il avait été limogé en avril après avoir exprimé ses désaccords avec ce dernier sur la lutte contre la pandémie.