La crise mondiale du Covid-19 va-t-elle changer la pratique politique, l’économie, la société, la culture? Nous consacrons une série de près de 30 articles à ce sujet, durant plusieurs jours sur notre site, et dans un numéro spécial le samedi 13 juin.

Retrouvez, au fur et à mesure, les articles dans ce dossier.

«L’Europe unie n’est pas un expédient moderne, économique ou politique, mais c’est un idéal qu’approuvent depuis mille ans tous ses meilleurs esprits, ceux qui ont vu loin.». 1960. Dans les locaux du Centre européen de la culture qu’il a fondé dix ans plus tôt à Genève, le philosophe suisse Denis de Rougemont achève son anthologie Vingt-huit siècles d’Europe. La conscience européenne à travers les textes (Ed. Payot).

L’heure est à la victoire intellectuelle, pour celui qui, durant la Seconde Guerre mondiale, a vu son continent partir en flammes sous la botte nazie, depuis les Etats-Unis où il s’est installé. Trois ans plus tôt, le 25 mars 1957, le premier traité instituant la Communauté économique européenne a été signé à Rome. «A l’époque, l’espoir européen naît alors que les Etats-nations règnent sans partage. Peu de dirigeants croient dans la réussite durable de l’intégration, et pourtant, celle-ci va avoir lieu, souligne l’essayiste bulgare Ivan Krastev, dont le nouvel ouvrage, Est-ce déjà demain? (Ed. Premier Parallèle), vient de sortir. Soixante ans plus tard, nous sommes à peu près dans la même situation. Nous devons voir loin et réinventer ce destin européen.»