Terrorisme

Sur Strasbourg, l’ombre de l’Etat islamique

La revendication tardive du groupe Etat islamique après la mort du tueur Cherif Chekatt laisse perplexe sur son passage à l’acte terroriste

Strasbourg a replongé dans le deuil. Vendredi soir, le décès d’une quatrième victime du terroriste Cherif Chekatt, abattu la veille, a replongé son marché de Noël dans la tristesse. Rouvertes jeudi, les échoppes doivent toutes faire face à une désaffection généralisée, que le week-end viendra peut-être combler. D’autant que la «neutralisation» du meurtrier par une patrouille de police dans son quartier du Neudorf, jeudi vers 21 heures, n’a guère apporté de réponses.

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Les derniers instants du tueur démontrent que celui-ci n’avait apparemment pas de complices, et qu’il n’avait pas fui vers l’Allemagne ou la Suisse. Le lieu de la fusillade qui lui a coûté la vie, rue du Lazaret, est très proche de la rue d’Epinal, où se trouvait son dernier domicile connu, perquisitionné mardi matin par la police dans le cadre d’une enquête de droit commun. Idem pour la revendication du groupe Etat islamique, publiée quelques minutes après sa mort.

Préméditation incertaine

Si la nébuleuse terroriste affirme que Cherif Chekatt était un de ses «combattants», elle ne donne guère d’informations susceptibles de confirmer la thèse de la préméditation. Aucun manifeste islamique radical n’a pour l’heure été retrouvé à son domicile. L’homme avait en revanche crié «Allah akbar» avant de faire feu sur les passants du marché de Noël, tuant quatre personnes et en blessant treize autres.

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Le dénouement assez rapide de la traque lancée contre le meurtrier, après la publication d’un appel à témoins mercredi, tend aussi à prouver que le fugitif n’avait pas de planque organisée et préparée pour soutenir un assaut, comme ce fut le cas en mars 2012 pour Mohamed Merah à Toulouse. C’est d’ailleurs dans la rue qu’il a été repéré, puis abattu après avoir tiré sur les policiers qui lui demandaient son identité.

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Il faudra maintenant remonter le fil de ses séjours répétés en prison en Allemagne et en France pour savoir si ce délinquant récidiviste et violent de 29 ans avait côtoyé, en détention, des membres des filières djihadistes strasbourgeoises. Et pourquoi son passage à l’acte n’a pas été repéré à temps par les services de renseignement qui le surveillaient, peut-être à l’origine de la perquisition susceptible d’avoir déclenché sa descente aux enfers…

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