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Emmanuel Macron s’exprime devant le Parlement européen, le 17 avril 2018.
© FREDERICK FLORIN/AFP PHOTO

International

A Strasbourg, Macron se dresse en rempart contre la «tentation illibérale»

Le président Français s’exprimait devant le Parlement européen pour la première fois depuis son élection. Un discours mobilisateur destiné, avant tout, à défaire «l’illusion mortifère de la démocratie autoritaire» qui gagne du terrain au sein de l’UE

Viktor Orbán et ses émules nationalistes-populistes d’Europe centrale sont prévenus: Emmanuel Macron n’abdiquera pas ses ambitions pour un renouveau européen. A Strasbourg, devant le Parlement européen réuni en séance plénière, le président Français a tenu mardi à répondre, sans le nommer, à la vision selon lui dangereuse pour l’UE du premier ministre Hongrois, récemment réélu avec éclat. «La tentation illibérale grandit chaque jour […] Nous devons restaurer l’autorité de la démocratie face à la démocratie autoritaire» a-t-il asséné, dans un court discours d’une quinzaine de minutes, avant de répondre pendant deux heures aux interpellations des eurodéputés. Pas question donc de lâcher prise pour ce chef d’Etat quadragénaire, élu sur une plateforme d’intégration communautaire, et salué pour ses deux discours précédents sur l’Europe: à Athènes, puis à la Sorbonne.

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Plus que le ton, attendu de la part d’un Européen convaincu, c’est la forme et les priorités affichées durant cette intervention qui disent l’agenda du président français d’ici aux élections européennes de mai 2019. Ses deux axes? Ne pas abandonner la défense du projet communautaire auprès des électeurs, et défendre au mieux la souveraineté européenne dans les domaines économiques, militaires, commerciaux et numériques. L’arme pour atteindre le premier but est l’organisation de consultations citoyennes sur l’Europe à travers les 26 pays de l’Union, moins la Hongrie qui les a refusées. Pour lancer le mouvement, initié depuis quelques semaines, Emmanuel Macron animera dans la soirée une discussion à Epinal, dans les Vosges, avant son déplacement à Berlin pour y rencontrer Angela Merkel. Epinal, ex-fief politique de celui qui combattit ardemment le traité de Maastricht et l’instauration de la monnaie unique: le défunt député gaulliste Philippe Séguin.

Propositions franco-allemandes attendues

Sur le plan de la souveraineté européenne, le président français a listé les offensives qu’il entend mener, se félicitant notamment de l’entrée en vigueur prochaine du Règlement communautaire sur la protection des données, que les géants américains du numérique envisagent maintenant d’adopter pour répondre aux accusations de leurs utilisateurs. La France, a-t-il annoncé, soutiendra, pour consolider cette souveraineté, une contribution supplémentaire au budget de l’Union, une taxe sur le carbone à ses frontières, et l’augmentation du fonds crée pour soutenir les industries de défense.

Politesse politique oblige: Emmanuel Macron s’est en revanche bien gardé de répéter son agenda pour la zone euro, incluant un budget pour celle-ci, la finalisation de l’Union bancaire et la création d’un Fonds monétaire européen digne de ce nom, avant de consulter sur ces sujets la chancelière allemande. Des propositions communes entre Paris et Berlin sont attendues pour le prochain sommet européen de juin 2018 à Bruxelles.

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Un contexte électoral difficile

Destiné à mobiliser ses pairs contre «la voie sans issue du déchirement nationaliste», le discours du président Français à Strasbourg bute toutefois sur un obstacle majeur: la donne électorale ces temps-ci de plus en plus favorable aux populismes et aux discours nationalistes et xénophobes, alimentés par la peur des migrants. Cet élément, d’ailleurs, a manqué dans son intervention. Pas une référence aux récentes élections en Italie ou en Hongrie. Pas un mot sur les dérives de la Pologne en matière d’Etat de droit, sanctionnées par la Commission européenne. Pas une mention du fossé creusé, au sein des populations, par l’intégration difficile des migrants. Pas de référence directe au Brexit britannique.

«Je veux appartenir à une génération qui aura décidé de défendre sa démocratie» a promis Emmanuel Macron. Un rappel ambitieux des principes fondateurs de l’UE dont les consultations citoyennes démontreront sans doute qu’ils butent, dans de nombreux Etats-membres, sur des réalités de plus en plus problématiques.

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