Mais où est passé Boris Johnson? Alors que la chambre des communes se réunissait ce lundi pour la première fois depuis le résultat du référendum, un absent s’est fait remarquer: le leader du camp du Brexit. «Je ne suis pas responsable des présences à la chambre des communes», souriait le premier ministre britannique David Cameron, quand un député lui a fait remarquer l’étrange manquement de son possible successeur.

Depuis vendredi matin, Boris Johnson a disparu de la circulation. Samedi, il a été pris en photo en train de jouer au cricket. Et lundi, il a publié sa chronique hebdomadaire dans le Daily Telegraph. De cette présence minimale ressort l’absence complète de préparation du camp du Brexit. «Les Britanniques ont voté pour sortir de l’Union Européenne, mais pas pour la solution alternative qu’ils voulaient», résume Mark Boleat, le président des politiques de la corporation de la City.

Néanmoins, les grandes lignes de la stratégie de Londres commencent à apparaître. Ce mardi, David Cameron sera au sommet européen exceptionnel qui se déroule à Bruxelles. Il ne déclenchera pas le fameux article 50 du traité de Lisbonne, qui entame officiellement la procédure de divorce et ouvre une période de négociations de deux ans. Il l’a répété devant la chambre des communes lundi: c’est à son successeur de le faire.

Et si Boris Johnson prenait la Norvège comme modèle

D’ici là, l’actuel premier ministre a créé une cellule de hauts fonctionnaires au sein de son gouvernement pour réaliser un maximum de préparations techniques, une sorte de «ministère du Brexit». Il espérait aussi entamer des discussions informelles avec les Vingt-Sept, mais l’Allemagne, la France et l’Italie ont rejeté cette idée.

Par ailleurs, le camp du Brexit commence à donner de premières indications de ce qu’il compte obtenir. Dans sa chronique, Boris Johnson laisse entendre qu’il souhaite ne surtout pas changer grand-chose, pour conserver des relations avec l’Union Européenne proche de ce qui est actuellement en place. «Les citoyens européens qui vivent dans ce pays vont avoir leurs droits entièrement protégés, et il en va de même pour les citoyens britanniques qui vivent dans l’UE.» Il va même plus loin: il souhaite conserver un accès au marché unique. En clair, le favori pour succéder à David Cameron dessine un accord proche du modèle de la Norvège.

Un accord à l’opposé des promesses de campagne

Il sait ce que cela signifie: une contribution au budget européen, l’obligation d’appliquer la réglementation européenne et surtout conserver la libre circulation des personnes. Un tel accord irait à l’opposé de ses promesses pendant la campagne du référendum. En particulier, la réduction de l’immigration, brandie tant de fois comme l’objectif principal, serait très difficile à mettre à place.

Ce modèle est celui demandé par tous les lobbys économiques et financiers du pays, qui veulent limiter au maximum les perturbations. Juridiquement, il serait sans doute l’un des plus simples à mettre en place. Cela n’en rendrait pas moins les négociations très longues. Chris Grayling, l’un des tenants du Brexit, estime que celles-ci devraient être terminées «largement à temps pour les élections législatives de 2020.»