RD Congo

Sans stratégie plus globale, il sera difficile de vaincre Ebola

A l'heure où l'Assemblée mondiale de la santé, réunie à Genève, s'inquiète de l'épidémie de la fièvre hémorragique en RDC, un constat s'impose. L'approche purement technique et médicale d'Ebola n'est pas suffisante. Les communautés locales doivent être davantage impliquées

«La situation n’a rien à voir avec celle de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia. Là-bas, après neuf mois d’épidémie, Ebola avait déjà atteint trois pays, trois continents, 20 000 personnes et avait tué 8000 personnes.» Ministre de la Santé de la République démocratique du Congo (RDC) venu à Genève pour la 72e Assemblée mondiale de la santé (AMS), Oly Llunga Kalenga met les choses en perspective. Devant l’Association des correspondants du Palais des Nations, il le reconnaît: «Là où l’épidémie sévit, la densité de population est très forte. Le risque de propagation est énorme.» Le ministre tient cependant à calmer les esprits: «Nous avons malgré tout réussi à contenir l’épidémie dans les deux provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu et les villes proches comme Goma ou Kisangani ont été épargnées.»

1223 morts

Apparue en août 2018, l’épidémie d’Ebola est toutefois observée de très près. Car comme le souligne Oly Llunga Kalenga, la RDC a à ce jour recensé 1847 cas de contamination dont 1759 confirmés. Le nombre de morts s’élève désormais à 1223 personnes. Lundi, à l’ouverture de l’AMS, le patron de l’Organisation mondiale de la santé, l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, était plus alarmiste, appelant instamment le gouvernement et l’opposition à s’unir pour combattre le fléau qu’il décrit comme «l’ennemi public numéro un».