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Andrew McCabe, limogé par le ministre de la Justice
© AFP

Etats-Unis

Stupeur et tremblements après un limogeage au FBI

A travers le licenciement de l'ex numéro 2 Andrew McCabe, Donald Trump s'en prend au procureur spécial qui enquête sur l'affaire russe

La manoeuvre n'est pas très discrète. Alors que la valse des départs reprend de plus belle à la Maison-Banche, cette fois, c'est le lynchage de l'ex-numéro 2 du FBI, à moins de 48 heures de son droit à une retraite anticipée, qui provoque des remous. En agissant ainsi, le ministre de la Justice Jeff Sessions, lui-même sur un siège éjectable, déstabilise le FBI et espère mettre un terme à l'enquête sur l'ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine.

«Un grand jour pour la démocratie»

La victime, Andrew McCabe, n'a jamais caché ses relations difficiles avec le président américain et Jeff Sessions. Il s'était offusqué du limogeage violent de son ex-patron, James Comey. Il a quitté en janvier ses fonctions de directeur adjoint du FBI tout en restant employé de la police fédérale. Une sorte de placard doré, dont la porte se referme aujourd'hui brutalement, quelques heures avant la garantie d'obtenir une bonne retraite. Samedi, Donald Trump s'est félicité de son limogeage annoncé la veille, sur un ton que l'on ne peut désormais même plus qualifier d'inhabituel. Sur Twitter, il s'est réjoui du licenciement en évoquant «un grand jour pour la démocratie».

Andrew McCabe de son côté ne cache pas sa colère. Il se dit victime d'une «guerre» menée par l'administration Trump contre le FBI et contre l'enquête du procureur spécial sur les liens entre Moscou et l'entourage de Trump. Un procureur spécial qui est d'ailleurs un ancien patron du FBI. Surprise, dans la journée de samedi, John Dowd, un avocat de Donald Trump, a clairement déclaré à des journalistes du Daily Beast qu'il espérait que son limogeage pousserait le numéro 2 du ministère de la Justice à mettre fin à l'enquête sur l'affaire russe. Les pressions ne sont désormais même plus masquées. Mais face à l'ampleur des réactions provoquées par ses propos, John Dowd a rappelé le Daily Beast pour préciser qu'il parlait en son propre nom, pas en celui de Donald Trump.

Deuxième surprise, quelques heures plus tard. Cette fois, c'est Donald Trump lui-même qui, dans la soirée, s'en est pris frontalement à l'enquête Mueller, «qui n'aurait jamais dû débuter, car il n'y a pas de collusion, pas de délit». Une fois de plus, il dénonce une «chasse aux sorcières». 

Au-delà de la mesquinerie du momentum du limogeage d'Andrew McCabe, c'est donc bien autour de l'enquête menée par le procureur indépendant Robert Mueller que le drame se cristallise. L'étau se resserre autour du président. Vendredi, le procureur indépendant s'intéressait de près à la Trump Organization, entité désormais gérée par les deux fils aînés de Donald Trump. Il exige la remise de documents d'affaires. Andrew McCabe s'apprêtait par ailleurs à témoigner auprès de Robert Mueller sur le licenciement de James Comey. Selon plusieurs médias américains, il lui aurait déjà fourni les mémos de ses discussions avec Donald Trump. 

Jeff Session a annoncé le limogeage d'Andrew McCabe après une longue enquête interne du FBI. Il aurait fait des révélations «non autorisées» aux médias avant l'élection de Donald Trump et est accusé d'avoir «manqué d'honnêteté». 

«L'Amérique triomphera de vous»

James Comey a réagi sur Twitter. «Monsieur le président, les Américains connaîtront bientôt mon histoire. Ils pourront juger d'eux-mêmes qui est honorable et qui ne l'est pas», souligne-t-il, en annonçant la publication prochaine de son livre. 

Eric Holder, ministre de la Justice sous Barack Obama, est également intervenu. Sur Twitter, le lieu désormais incontournable pour laver son linge sale en public, il qualifie la décision de licencier Andrew McCabe de «dangereuse». S'il ne se prononce pas sur le fond, il écrit que «le calendrier semble cruel et apparaît comme une capitulation compromettant l'indépendance du Ministère de la Justice qui cherche à satisfaire un président au comportement de plus en plus erratique». 

John Brennan, ex-patron de la CIA, n'a pas non plus mâché ses mots. Il répond ainsi à un tweet du président: «Lorsque l'étendue complète de votre vénalité, de votre turpitude morale et de votre corruption politique sera connue, vous occuperez votre juste place parmi les démagogues déshonorés dans les poubelles de l'histoire». Il ajoute: «Vous pouvez faire d'Andy McCabe un bouc émissaire, mais vous ne détruirez pas l'Amérique... L'Amérique triomphera de vous».

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