Fin de la guerre des nerfs chez les conservateurs allemands? La direction du parti allemand chrétien-démocrate CDU a renouvelé son soutien lundi soir à Armin Laschet, président de la formation conservatrice, lors d'un vote interne pour la succession d'Angela Merkel.

Le comité exécutif de la CDU, après plus de six heures de réunion, s'est prononcé pour la candidature de son président face à celle du populaire dirigeant bavarois Markus Söder, ont rapporté des participants à l'Agence France Presse (AFP). Markus Söder avait indiqué dans la journée qu'il se plierait à la décision de cette instance.

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Le plébiscite est net et laisse augurer d'une issue au duel fratricide qui déchire depuis une semaine le parti au pouvoir: 77,5% des responsables du parti se sont prononcés en faveur d'Armin Laschet contre 22,5% pour Markus Söder, dans cette consultation organisée par Internet de façon impromptue, après des discussions marathon.

Markus Söder avait obtenu le soutien de plusieurs cadres du parti

Candidat naturel de la CDU dont il a pris la tête en janvier, Armin Laschet, partisan de la continuité avec le cap centriste d'Angela Merkel, avait vu son investiture contestée par Markus Söder, chef du parti-frère bavarois CSU. Après des mois à entretenir le suspense sur ses intentions, ce dernier avait fait monter la tension en officialisant dimanche dernier sa candidature.

Dès le lendemain, Armin Laschet avait obtenu un premier vote de soutien de la part des caciques la CDU. L'instance qui s'est prononcée en sa faveur lundi soir rassemble un échantillon encore plus large de responsables du parti.

L'issue de cette réunion de crise était hautement incertaine alors que Markus Söder a engrangé, ces derniers jours, le soutien de plusieurs cadres du parti. Il avait aussi obtenu dimanche le soutien de l'organisation des Jeunes conservateurs allemands. Même des élus d'ex-RDA, censés être rétifs à une candidature issue de la riche Bavière, s'étaient prononcés en sa faveur.

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Le ministre-président de Bavière a un argument de poids: il est de loin le favori des sondages pour permettre aux conservateurs de conserver la chancellerie à l'issue des élections législatives du 26 septembre. La CDU doit «décider seule où et comment» le choix sera fait, avait estimé Markus Söder qui ne participait pas à la réunion de lundi soir. Il a assuré qu'il «respecterait» une éventuelle décision du comité exécutif de la CDU.

Des troupes divisées, selon la presse

Cette victoire à l'arraché d'Armin Laschet, dirigeant de la région d'Allemagne la plus peuplée, la Rhénanie du nord-Westphalie, risque de laisser des traces.

«Celui qui sortira vainqueur ne partira pas en position de force. Söder ou Laschet sauront qu'ils démarrent une campagne électorale avec seulement le soutien de la moitié de leur base», commentait lundi le quotidien Handelsblatt. «Quel que soit le vainqueur entre Laschet et Söder, il sera très difficile de rassembler les troupes divisées face à un parti Vert très discipliné», mettait en garde la Süddeutsche Zeitung.

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Les Verts sont en effet, pour la première fois, les principaux adversaires des conservateurs qu'ils talonnent dans les sondages en vue des élections. A l'opposé de l'étalage des divisions à droite, les écologistes ont offert lundi une image d'unité et de renouveau en désignant, au terme d'un processus sans accroc une juriste quadragénaire, Annalena Baerbock, pour se lancer à la conquête de la chancellerie.