Terrorisme

Et si le Suisse accusé de djihadisme au Maroc n’avait rien d’un terroriste?

Le profil de Kevin Z., accusé par les autorités marocaines d’être l’un des instigateurs du meurtre de deux touristes scandinaves en décembre, cadre mal avec celui d’un djihadiste de l’Etat islamique. La Suisse mène sa propre enquête sur son ressortissant

Et si Kevin Z., double-national suisse et espagnol, n’avait rien du terroriste décrit par la police marocaine et n’était pas l’un des instigateurs du meurtre de deux randonneuses scandinaves en décembre dernier dans le sud du Maroc. Pour son épouse, il ne fait pas l’ombre d’un doute que Kevin est victime d’une erreur judiciaire ou, pire, d’une machination. Elle s’appuie sur les nombreuses contradictions entre les faits reprochés et ce qu’elle sait de l’emploi du temps de son mari.

A y regarder de près, en reconstituant le quotidien du couple et en reprenant les principaux éléments du dossier tel qu’il a été évoqué par Abdelhak Khiame, le directeur du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ), les incohérences minent la crédibilité des accusations portées contre le Suisse de 25 ans. La police marocaine ne communique plus depuis que le dossier a été transmis à la justice du royaume. La détermination avec laquelle les enquêteurs ont incriminé Kevin en le faisant passer pour un des instigateurs du crime n’a-t-elle pas été un peu hâtive? Le Temps a mené l’enquête entre Genève et Marrakech.