Proche-Orient

La Suisse apportera un soutien financier au mécanisme d’enquête pénale sur la Syrie

Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a annoncé lundi un soutien financier suisse d'un demi-million de francs par an au nouveau mécanisme de l’ONU sur la Syrie. Cette structure constituera des dossiers pénaux contre des criminels en Syrie

Le monde devient plus incertain et les discours de «repli sur soi» augmentent. Devant le Conseil des droits de l’homme, le conseiller fédéral Didier Burkhalter a annoncé lundi un soutien financier suisse au nouveau mécanisme de l’ONU sur la Syrie à Genève.

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Les discours sur le repli sur soi sont le contraire de ce dont a besoin, a affirmé le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) au début de la session d’un mois du Conseil à Genève. Première action annoncée, la Suisse va soutenir immédiatement le nouveau mécanisme international chargé de préparer des dossiers pénaux sur les crimes les plus graves perpétrés en près de six ans de conflit en Syrie. Elle va le financer à hauteur d'un demi-million par an.

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«Il faut éviter que le climat d’impunité contribue à pérenniser les conflits», estime Didier Burkhalter. Ce mécanisme, adopté il y a deux mois, doit encore se trouver un chef et un financement de 4 à 6 millions de dollars pour 2017. Plusieurs dizaines de personnes sont attendues au sein de cette institution à Genève.

Second engagement, «nous devons renforcer nos capacités collectives» pour l’application des droits humains. La Suisse veut augmenter dès cette année son enveloppe pour le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a répété Didier Burkhalter. Le conseiller fédéral a appelé de nouveau à davantage d’efforts dans la prévention des violences et des conflits.

Premières avancées

Il a rappelé que le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres partage cette approche, mais aussi qu’il avait lui-même lancé en juin un appel à mettre les droits humains au centre de la prévention des conflits, devant le Conseil des droits de l’homme. Cette demande a été soutenue par une septantaine de pays.

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Didier Burkhalter s’est félicité de premières avancées. Il a mentionné le débat sur le renforcement des droits des femmes récemment à New York, et la discussion de haut niveau prévue dans l’après-midi au Conseil à Genève sur les liens entre droits humains et établissement de la paix. La Suisse va s’engager par ailleurs «fortement» dans le Pacte sur les migrations adopté à l’ONU, dont le cadre est attendu d’ici à 2018.

Droits humains, priorité de l’ONU

De son côté, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a estimé que toujours plus de citoyens savent que «la torture est interdite en toutes circonstances». Pour autant, un récent sondage montre qu’elle est davantage tolérée dans le monde. La population sait aussi que la détention arbitraire, la répression de manifestations pacifiques ou les atteintes aux libertés fondamentales violent les droits humains, a également ajouté le Haut-Commissaire.

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Zeid Raad al-Hussein a rappelé que les droits humains constituent la «première» priorité de l’ONU. Cet élément, «peut-être aujourd’hui en particulier, doit être absorbé par de nombreux acteurs politiques qui voient ces droits seulement comme d’usantes contraintes». Dont ceux qui menacent de se retirer d’accords ou d’institutions qui y sont liées, a dit Zeid Raad al-Hussein.

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