La Suisse faisait partie jusqu'à une date récente des pays leaders de la lutte contre les mines depuis l'adoption de la Convention d'Ottawa, avec la Norvège ou le Canada. C'est manifestement moins vrai aujourd'hui. Les priorités du Conseil fédéral ont en effet changé depuis une année et la Confédération n'enverra qu'une délégation de deuxième rang au sommet de Nairobi qui s'ouvre lundi.

La délégation suisse sera conduite par le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Franz von Däniken, et non la cheffe du Département des Affaires étrangères (DFAE), Micheline Calmy-Rey, comme l'espéraient tous ceux qui attendaient de la Suisse qu'elle envoie à cette occasion un message politique fort. «Nous ne sommes pas parmi les plus mauvais, note un observateur, d'autres font pire. Cela illustre le climat au sein du Conseil fédéral, où il devient de plus en plus dur de justifier de tels engagements de la Confédération à l'extérieur.»

D'autres facteurs plaident toutefois en faveur de l'absence de la cheffe du DFAE à Nairobi, notamment le fait que le sommet se déroulera en plein début de la session parlementaire à Berne. Mais certains participants s'étonnent tout de même que la Genevoise n'ait pas eu le courage politique de se rendre à un événement qui concerne aussi sa ville d'origine, capitale mondiale de la question des mines où tous les acteurs de la problématique sont représentés: ONG, centres de recherche, fondations, au premier rang desquels le Centre international de déminage humanitaire (CIDH), financé notamment par la Confédération, et chargé entre autres du secrétariat de la Convention d'Ottawa.