Diplomatie

La Suisse au cœur des efforts pour une paix au Cameroun

Des discussions préparatoires avec les leaders séparatistes camerounais ont eu lieu dans les Alpes valaisannes. Le président Paul Biya a donné un mandat officiel de médiation à Berne

La Suisse facilitera-t-elle l’ouverture de négociations de paix pour mettre un terme au conflit qui oppose au gouvernement camerounais les séparatistes des provinces du Sud-Ouest et du Nord-Ouest? Hasard du calendrier, alors que le président Paul Biya prenait ses quartiers dimanche dernier à l’hôtel Intercontinental de Genève, les leaders de la rébellion arrivaient en ordre dispersé dans une station des Alpes valaisannes et étaient accueillis en toute discrétion par des représentants du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Berne a en effet un mandat officiel pour faciliter des pourparlers entre les belligérants.

Il ne se passe pas une semaine dans les provinces camerounaises du Sud-Ouest et du Nord-Ouest sans que de nouvelles exactions soient commises; 170 villages ont été détruits par l’armée selon le recensement du Centre des Nations unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique (CHRDA). Les images de civils abattus par les forces de l’ordre ont suscité l’émoi dans la communauté internationale. En face, les milices armées ou Amba Boys, qui comptent huit groupes principaux, se livrent au racket, aux extorsions et aux enlèvements contre rançon. En tout, selon les chiffres du Crisis Group, le conflit aurait fait 1850 morts, 35 000 réfugiés officiellement enregistrés au Nigeria voisin et 530 000 déplacés. A cela s’ajoute le fait que l’économie du pays tout entier et notamment les exportations de cacao souffrent en raison d’une baisse drastique de la production.