L’essentiel

Le Conseil fédéral prolonge de cinq semaines les mesures adoptées en décembre: les restaurants, établissements culturels, installations de sport et de loisirs resteront fermés jusqu’à fin février.

D'autre part, il a décidé de prendre de nouvelles mesures strictes à partir de lundi 18 janvier:

  • Le télétravail deviendra obligatoire.
  • Les magasins ne vendant pas des biens de consommation courante devront fermer.
  • Les manifestations privées et les rassemblements seront limités à 5 personnes.
  • La protection des personnes vulnérables sur le lieu de travail sera renforcée.

A ce sujet: Le Conseil fédéral durcit encore les mesures sanitaires

La Suisse compte mercredi 3001 cas de Covid-19 supplémentaires en 24 heures, selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). 58 décès sont à déplorer, et 147 malades ont été hospitalisés.

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■ Le variant britannique est présent dans une cinquantaine de pays

Le nombre des pays et territoires où se trouve dorénavant le variant du coronavirus initialement repéré au Royaume-Uni s'élève à 50 et il est de 20 pour le variant identifié en Afrique du Sud, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'ampleur de la diffusion géographique des deux variants est vraisemblablement sous-évaluée, ajoute l'OMS, car ils sont détectés dans les pays dotés d'une capacité de séquençage génétique du virus.

En outre, une troisième mutation dont le Japon a annoncé dimanche la découverte pourrait impacter la réponse immunitaire et requiert d'être étudiée plus avant. «Ce variant comporte 12 mutations de la protéine spike, dont trois mutations inquiétantes communes avec VOC 202012/01 et 501Y.V2», explique l'OMS, «ce qui peut avoir un impact sur la transmissibilité et la réponse immunitaire.»

Mardi, l'agence de l'ONU a organisé une réunion de 1750 scientifiques internationaux pour discuter des lacunes dans la connaissance des variants émergents et des priorités pour la recherche.


■ Le pape François vacciné au Vatican

Le pape François, âgé de 84 ans, s'est fait vacciner mercredi contre le Covid-19 au premier jour de la campagne de vaccination organisé par le micro Etat du Vatican, selon deux journalistes proches du souverain pontife.

Dans un entretien télévisé diffusé dimanche soir, François avait indiqué avoir lui-même pris rendez-vous pour le faire, qualifiant l'opposition au vaccin de «négationnisme suicidaire» et mettant en exergue «un choix éthique» indispensable pour protéger la vie des autres.

Sa vaccination sera un soulagement pour l'entourage du pape, peu enclin à endosser un masque et à rester à distance des fidèles et des visiteurs. Le chef des 1,3 milliard de catholiques est pourtant considéré comme une personne à risque: à l'âge de 21 ans, en 1957, il avait souffert d'une pleurésie aiguë et les chirurgiens avaient dû procéder à l'ablation partielle de son poumon droit.

Si le pape François semble peu inquiet pour sa propre santé, il est toutefois préoccupé par les rassemblements inévitables lorsqu'il se montre en public.


■ Le Portugal s'apprête à se reconfiner

Le Portugal attend de connaître les détails d'un deuxième confinement général rendu inévitable par la recrudescence de l'épidémie de Covid-19 qui a suivi un allègement des restrictions sanitaires pendant la période de Noël. Les nouvelles dispositions, qui doivent être annoncées en fin de journée à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire, auront «un horizon d'un mois» et «un profil très semblable» au premier confinement imposé en mars et avril, a précisé le chef du gouvernement Antonio Costa.. Il a assuré cependant que les crèches et les écoles primaires resteraient ouvertes, contrairement au confinement du printemps.

Les Portugais se préparent donc à une nouvelle fermeture des commerces non essentiels, des cafés et des restaurants, qui pourrait intervenir dès jeudi. Exceptionnellement, les électeurs pourront toutefois sortir pour aller voter au premier tour de l'élection présidentielle du 24 janvier. Ceux qui le souhaitent pourront même le faire de manière anticipée dès ce dimanche.

Par ailleurs, les autorités envisagent désormais d'exiger un test négatif au Covid-19 pour les passagers débarquant dans les aéroports du pays, comme le fait déjà l'Espagne voisine.


■ Vers des vaccinations 24h sur 24 au Royaume-Uni

Les autorités britanniques comptent mettre en place «dès que possible» une vaccination 24 heures sur 24 contre le Covid-19 afin d'accélérer la campagne en cours, a indiqué mercredi le Premier ministre Boris Johnson. Confronté à une flambée de contaminations attribuées à un variant considéré plus contagieux, le Royaume-Uni veut vacciner d'ici à mi-février les plus de 70 ans et les soignants, soit environ 15 millions de personnes. Le gouvernement n'a pas donné de détails sur la manière dont cela se déroulerait ni sur les publics visés.

Lancée le 8 décembre, la campagne menée avec les doses Pfizer/BioNTech et AstraZeneca/Oxford a permis de vacciner plus de 2,4 millions de Britanniques. La pandémie a causé jusqu'à présent plus de 83 000 décès au Royaume-Uni, le pire bilan en Europe.


■ Genève réagit aux nouvelles mesures annoncées par Berne

«Le gouvernement genevois est stupéfait de voir que la Confédération a choisi de fermer les commerces non essentiels, sans octroyer aucun franc d’aide supplémentaire», déplore la présidente du Conseil d’Etat genevois, Anne Emery-Torracinta. «Lors de la consultation, nous avions répondu très clairement que nous nous opposions à toute fermeture de commerces sans aides préalables.» 

«Sous réserve de toute modification, les commerces restent ouverts en France, déclare de son côté le conseiller d’Etat Mauro Poggia, qui craint une recrudescence du tourisme d’achat dès lundi. «Genève est un canton frontalier, nous regrettons que la Confédération n’ait pas pris en compte cette configuration particulière et ne se soit pas coordonnée avec nos voisins.»


■ La faîtière de la restauration approuve la décision du Conseil fédéral

Casimir Platzer, président de GastroSuisse: «La décision du Conseil fédéral est importante pour la restauration. Elle va dans la bonne direction. La prise en compte d'une durée de fermeture de 40 jours pour avoir automatiquement droit aux indemnités pour cas de rigueur aidera de nombreux restaurateurs. La situation reste alarmante dans notre branche, mais nous continuerons à nous battre, notamment pour que les cantons fassent en sorte que les indemnités parviennent rapidement à leurs destinataires».


■ La Suisse renoue avec le semi-confinement

Commerces non essentiels fermés, télétravail obligatoire, réunions privées restreintes: le Conseil fédéral a adopté mercredi une série de nouvelles mesures pour lutter contre le coronavirus. La Suisse reprend ainsi la route du semi-confinement.

Les mesures étaient dans l'air. Face à la levée de boucliers de certains milieux politiques et économiques, leur sort était toutefois incertain. Mercredi, le Conseil fédéral a décidé de serrer drastiquement la vis. En Suisse, les cas liés aux nouvelles souches du coronavirus, qui sont 50 à 70% plus contagieuses, doublent toutes les semaines, a souligné mercredi le ministre de la santé Alain Berset devant la presse.

Notre situation aujourd’hui est celle que connaissait le Royaume-Uni au début du mois de décembre

Le ministre de la santé Alain Berset durant la conférence de presse du Conseil fédéral

Le Conseil fédéral a donc décidé de prolonger jusqu'à fin février les mesures prises en décembre, notamment la fermeture des restaurants, des centres sportifs, de loisirs et de culture. A partir de lundi, les commerces et les marchés vendant des biens non essentiels leur emboîteront le pas. Les marchandises pourront toutefois être commandées à l'avance et récupérées sur place. Les restrictions horaires et dominicales pour les magasins vendant des biens de consommation courante, les stations d'essence et les kiosques sont en revanche levées.

Nous prolongeons des mesures qui ont fait leurs preuves, et les renforçons parallèlement avec des moyens supplémentaires 

Le président Guy Parmelin durant la conférence de presse du Conseil fédéral

Plusieurs mesures ont également été prises concernant le travail. Le télétravail sera obligatoire partout où c'est possible sans efforts disproportionnés. L'entreprise ne sera tenue à aucune indemnisation pour les frais d'électricité ou de loyer, la situation étant seulement temporaire. Les employés devant malgré tout se rendre sur place devront porter un masque s'ils sont plusieurs dans un même bureau. La distance minimale entre les postes de travail ne suffit plus. Un employé ne sera dispensé de cette obligation que s'il dispose d'une attestation délivrée par un médecin ou un psychothérapeute. Les personnes à risque devront quant à elles être mieux protégées. Le droit au télétravail ou à une protection équivalente sur le lieu de travail ou encore à un congé est introduit. Si les employés à risque ne peuvent pas être suffisamment bien protégés, ils pourront rester chez eux et recevoir la totalité de leur salaire.

Le Conseil fédéral a encore décidé de restreindre les réunions privées à cinq personnes, adultes ou mineures, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur. Ces mesures sont très dures, a reconnu Alain Berset. Elles visent à éviter une troisième vague, des mesures ultérieures plus coûteuses et de mettre en danger la vaccination qui a débuté. Car les personnes avec symptômes ne peuvent pas se faire vacciner, a-t-il rappelé.


■ Poutine ordonne une vaccination massive en Russie

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi d'entamer dès la semaine prochaine la vaccination contre le coronavirus de toutes les catégories de population, affirmant que le vaccin conçu par son pays était «le meilleur». En décembre, la Russie avait déjà commencé sa campagne de vaccination à destination des populations jugées prioritaires, notamment le personnel médical et scolaire. Les catégories autorisées à recevoir le vaccin russe Spoutnik V ont ensuite été progressivement élargies.

Après avoir été la première dans le monde à enregistrer en août un vaccin contre le coronavirus, malgré des critiques internationales face à une annonce jugée prématurée, la Russie cherche désormais à devancer d'autres pays par la cadence de ses vaccinations pour immuniser ses 146 millions d'habitants. Selon le Fonds souverain russe (RDIF), qui a financé la mise au point de ce produit, plus d'un million de personnes en Russie se sont fait vacciner à ce jour. Baptisé «Spoutnik V» en hommage au premier satellite envoyé dans l'espace par l'URSS en 1957, le vaccin est efficace à plus de 90%, selon ses concepteurs.

Spoutnik V, que la Russie envisage de largement exporter si elle trouve des capacités de production, peut être conservé à des températures variant entre +2 et +8°C. Plusieurs autres vaccins, notamment ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna, exigent en revanche une conservation à des températures extrêmement basses, mais un autre leader des commandes au niveau mondial, le vaccin AstraZeneca/Oxford, a les mêmes conditions de stockage que le vaccin russe. A l'instar du vaccin AstraZeneca, Spoutnik V est un vaccin en deux injections à vecteur viral.

Pour sa part, la vice-Première ministre russe, Tatiana Golikova, chargée de la santé, a affirmé que tout était «prêt» pour se lancer dans une vaccination massive à partir de lundi, assurant que plus de deux millions de doses devaient être disponibles d'ici à fin janvier. Certains experts restent cependant sceptiques, considérant que la Russie n'a pas pour l'heure la capacité de produire massivement un tel vaccin. «On ne peut pas produire un vaccin en trois ou quatre jours», explique à l'AFP le généticien Kirill Volkov, basé à Saint-Pétersbourg, soulignant que des vaccins comme Spoutnik V à base d'adénovirus n'ont jamais été produits en masse en Russie ou ailleurs dans le monde.

La Russie, qui a officiellement enregistré à ce jour plus de 3,47 millions de cas de coronavirus, est confrontée à une deuxième vague, très meurtrière, de Covid-19, mais les autorités refusent pour l'instant tout nouveau confinement d'ampleur nationale.


■ La vaccination sera entièrement prise en charge par l'assurance-maladie

La vaccination contre le Covid-19 est gratuite pour tous les assurés en Suisse. Mercredi, le Conseil fédéral a approuvé la convention tarifaire conclue entre la Confédération, les cantons et les assureurs pour le remboursement par l'assurance-maladie.

La convention fixe un forfait de 14,50 francs pour les prestations liées à chaque vaccination, et un montant de 5 francs par dose de vaccin. En supposant un taux de couverture vaccinale de 60% de la population suisse et deux doses de vaccin par personne, le volume des coûts à la charge de l’assurance obligatoire des soins s'élèvera à environ 201 millions de francs pour l’année 2021.

Le prix effectif du vaccin est confidentiel et la Confédération prendra à sa charge le montant dépassant les cinq francs par dose de vaccin, conformément à la loi sur les épidémies. Aucune franchise ne sera prélevée et les cantons prendront en charge les coûts de la quote-part. La vaccination sera donc entièrement prise en charge. La convention est valable depuis le 1er janvier. 


■ 3001 nouveaux cas en Suisse

La Suisse compte ce mercredi 3001 cas supplémentaires de coronavirus en une journée, selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). 58 décès sont survenus depuis hier, tandis que 147 malades ont été hospitalisés.

Durant les dernières 24 heures, les résultats de 29 068 tests ont été transmis, indique l'OFSP. Le taux de positivité s'élève à 10,32%. Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d'infections est de 41 280. Sur les deux dernières semaines, le pays compte ainsi en moyenne 477,51 nouvelles infections pour 100 000 habitants. Le taux de reproduction, qui a un délai d'une dizaine de jours, est lui de 1,00.

Depuis le début de la pandémie, 490 358 cas de contamination au Covid-19 ont été confirmés en laboratoire sur un total de 3 929 129 tests effectués en Suisse et au Liechtenstein. Le total des décès s'élève à 7851 et le nombre de personnes hospitalisées atteint 20 330.

Le pays dénombre par ailleurs 25 052 personnes en isolement et 34 723 individus faisant partie de leurs contacts ont été mis en quarantaine. S'y ajoutent 5804 autres personnes revenant de voyage d'un pays à risque et qui ont dû aussi passer par la case de la quarantaine.


■ Kitzbühel annule les épreuves de Coupe du monde de ski alpin prévues ce week-end

Les épreuves de Coupe du monde messieurs de ski alpin prévues ce week-end dans la prestigieuse station autrichienne sont annulées après la découverte de 17 cas de Covid-19 possiblement liés au variant anglais. «Pour des raisons de sécurité, nous ne voulons pas que ces courses de Wengen aient lieu à Kitzbühel ce week-end», a annoncé mercredi le gouverneur de la région, Günther Platter. 

Alors que la station suisse de Wengen avait dû jeter l'éponge lundi, à cause du Covid-19 également, pour l'organisation de son étape prévue de vendredi à dimanche, Kitzbühel avait chamboulé son programme pour reprendre deux courses sur trois. La station devait ainsi organiser deux slaloms samedi et dimanche, désormais annulés, puis un super-G et deux descentes sur sa mythique piste de la Streif la semaine prochaine, pour l'instant maintenus. «S'il n'y a pas d'anomalie majeure, les épreuves du Hahnenkamm de la semaine prochaine pourront avoir lieu», a ajouté M. Platter.

Cette annonce intervient moins d'un mois avant le grand rendez-vous de l'hiver des Mondiaux de Cortina d'Ampezzo (Italie, du 8 au 21 février). Ce week-end de compétition messieurs est la 2e étape de la saison directement touchée par la pandémie après l'annulation des courses féminines de Yanqing (Chine) sur le site des Jeux olympiques d'hiver 2022, reprises en Italie en février.


■ Record de décès aux Etats-Unis, la Chine reverrouille

Les Etats-Unis ont enregistré mardi plus de 235 000 nouvelles contaminations et 4470 morts. Jamais jusqu’à présent le pays n’avait encore dépassé la barre des 4000 décès en 24 heures.

Dans l’espoir d’enrayer les contagions, les autorités fédérales ont décidé que tous les voyageurs souhaitant se rendre aux Etats-Unis par avion devront désormais présenter, à partir du 26 janvier, un test négatif au Covid-19 afin d’être autorisés à voyager.

Au Canada voisin, les habitants de l’Ontario ont reçu l’ordre de rester chez eux, alors que le système de santé de la province est «sur le point de s’effondrer» selon les autorités locales.

En Chine, qui a très largement éradiqué l’épidémie, apparue dans le pays fin 2019, et où le dernier décès signalé officiellement remonte à mai dernier, plusieurs foyers de contamination sont apparus ces derniers jours, entraînant une réponse ferme des autorités.

Même si l’on reste très loin des chiffres enregistrés dans le reste du monde, la recrudescence des cas inquiète le pouvoir à l’approche du Nouvel An chinois, qui tombe cette année le 12 février, et donne lieu à des centaines de millions de déplacements de travailleurs migrants rentrant dans leur famille.

La Chine s’apprête par ailleurs à recevoir une équipe d’experts de l’OMS chargée d’enquêter sur l’origine du coronavirus. Attendue jeudi à Wuhan, dans le centre du pays, elle devrait être placée en quarantaine avant de commencer son enquête.

Le Japon s’apprête à étendre son état d’urgence, déjà en place sur Tokyo et sa grande banlieue, à sept départements supplémentaires face à l’inexorable progression de la pandémie, avec notamment une fermeture en soirée des bars et restaurants.

L’archipel nippon cherche par ailleurs à isoler un nouveau variant du coronavirus récemment détecté sur quatre personnes arrivées en provenance du Brésil.


■ L’Italie prévoit de rouvrir ses musées dans les régions classées «zone jaune»

Le ministre italien de la Santé Roberto Speranza a annoncé mercredi la volonté du gouvernement de rouvrir les musées dans les zones du pays les moins touchées par l’épidémie de Covid-19, mais aussi de prolonger l’état d’urgence jusqu’au 30 avril. Ces mesures entreront en vigueur à partir du 16 janvier.

Les 20 régions d’Italie sont actuellement divisées en trois types de zones, jaune, orange et rouge, en fonction de la gravité de la situation épidémiologique locale et chaque semaine la situation est revue par un comité scientifique.

«Cette semaine il y a une aggravation générale de la situation épidémiologique en Italie, le nombre de malades en soins intensifs augmente […]. Il ne faut pas se leurrer, l’épidémie est de nouveau dans une phase d’expansion», a expliqué le ministre. Le nouveau décret que le gouvernement s’apprête à adopter prévoit le maintien de l’interdiction de déplacements entre deux régions, même si les deux sont «jaunes», donc à faible risque, sauf pour des raisons de travail ou de santé.

Les bars ne pourront plus vendre de la nourriture à emporter à partir de 18h, tandis que les restaurants ne seront pas concernés par cette mesure. Le ministre n’a pas précisé toutes les mesures que le gouvernement entend prendre, mais selon les médias, le couvre-feu en vigueur à partir de 22h jusqu’à 5h devrait être maintenu. M. Speranza a indiqué que le gouvernement envisage également l’instauration d’une + zone blanche + où magasins, cinémas, théâtres ou salles de danse et de musculation seraient ouverts, et aucune restriction imposée à part le port du masque et la distanciation sociale.

A l’heure actuelle aucune région italienne ne remplit les conditions pour être classée zone blanche, à savoir compter moins de 50 infections pour 100 000 habitants.


■ La mutation qui a émergé en Afrique du Sud suscite des inquiétudes sur le plan de la réponse immunitaire

Le variant anglais attire tous les regards, mais c’est pourtant une mutation présente sur d’autres versions du coronavirus qui inquiète les scientifiques du point de vue de la vaccination contre le Covid-19, car elle pourrait nuire à son efficacité. Appelée E484K, cette mutation est portée par des variants qui ont émergé en Afrique du Sud et, plus récemment, au Brésil et au Japon, mais pas par le variant anglais, dont l’expansion dans le monde fait les gros titres. Or, cette mutation «est la plus inquiétante de toutes» sur le plan de la réponse immunitaire, estime Ravi Gupta, professeur de microbiologie à l’Université de Cambridge, interrogé par l’AFP.

Cette mutation peut aider le virus à contourner la protection immunitaire conférée par une infection antérieure ou par la vaccination

Pr François Balloux, de l’University College de Londres

Les variants sont des versions différentes du coronavirus initial, qui apparaissent avec le temps sous l’effet de diverses mutations. Un phénomène normal dans la vie d’un virus, car les mutations interviennent quand il se réplique. De nombreuses mutations du Sars-CoV-2 ont été observées depuis son apparition, la grande majorité sans conséquence. Or, des tests en laboratoire menés sur la mutation E484K ont montré qu’elle semblait capable de diminuer la reconnaissance du virus par les anticorps, et donc sa neutralisation. «A ce titre, elle peut aider le virus à contourner la protection immunitaire conférée par une infection antérieure ou par la vaccination», explique le Pr François Balloux, de l’University College de Londres, cité par l’organisme britannique Science Media Centre.

C’est cette perspective «d’évasion immunitaire» qui préoccupe les scientifiques, avec en ligne de mire la question de l’efficacité des vaccins. Le 8 janvier, BioNTech et Pfizer, les fabricants du principal vaccin administré dans le monde, ont assuré que ce dernier était efficace contre la mutation N501Y. Mais leurs vérifications en laboratoire n’ont pas porté sur E484K. Elles ne suffisent donc pas à conclure que l’efficacité du vaccin sera la même contre les variants qui la portent que contre le virus classique.

Pour autant, rien n’indique qu’E484K suffise à rendre des variants résistants aux vaccins actuels, tempèrent les scientifiques. En effet, même s’il s’avère que cette cible-là est moins bien reconnue par les anticorps, d’autres composants des variants resteront en principe à leur portée. Face à l’émergence de nouveaux variants, plusieurs laboratoires ont assuré qu’ils étaient capables de fournir rapidement de nouvelles versions de leur vaccin si besoin était.


■ Comment l’Irlande est devenue le pays où le coronavirus se répand le plus vite

En proie à un «tsunami» de cas de Covid-19, l’Irlande est passée en quelques semaines du statut de bon élève dans la lutte contre la pandémie à celui peu enviable de pays présentant le plus haut taux de transmission dans le monde. Le pays de cinq millions d’habitants ne déplore que 2397 morts et la manière dont il s’est sorti des deux premières vagues a suscité les éloges. Pas plus tard qu’en décembre, il présentait le taux d’incidence le plus bas de l’Union européenne après avoir été le premier pays européen à instaurer un deuxième confinement.

Mais avec 1288 nouveaux cas confirmés par million d’habitants lundi selon les données compilées par l’université d’Oxford (en moyenne sur sept jours), il détient désormais une triste première place, devant la République tchèque et la Slovénie. Entre temps, les fêtes de Noël sont passées par là et le variant britannique du virus, considéré comme plus contagieux, est arrivé sur le sol irlandais. Selon les statistiques officielles, l’Irlande enregistrait au 1er janvier à peine plus de 93 000 cas, chiffre qui a depuis dépassé les 150 000 par jour.

Mardi, la Suisse a annoncé la mise en place d’une quarantaine pour les voyageurs en provenance d’Irlande, tandis que le directeur des questions d’urgences sanitaires à l’OMS, Michael Ryan, soulignait que le pays affronte actuellement «l’une des augmentations du nombre des cas de la maladie les plus fortes» dans le monde. Selon les services sanitaires irlandais, les hôpitaux sont au bord de la rupture. Ils comptaient selon les chiffres publiés mardi 1700 patients infectés par le virus, quasiment le double du chiffre enregistré pendant le pic de la première vague du printemps.

Pour lutter contre cette flambée des cas, l’Irlande a mis en oeuvre après Noël un troisième confinement dont les durcissements successifs ont entraîné la fermeture des écoles, commerces non-essentiels et pubs, restaurants et hôtels.


■ Israël s’appuie sur son réseau sanitaire de proximité pour mener son ambitieuse campagne de vaccination

Quelque deux millions d’Israéliens, sur neuf millions d’habitants, ont reçu leur première dose du vaccin Pfizer-BioNTech dans le cadre d’une campagne ambitieuse menée tambour battant depuis le 19 décembre.

Selon plusieurs médias, Israël a déboursé davantage que le prix du marché pour assurer un approvisionnement suffisant de ce vaccin. Le ministère de la Santé n’a pas souhaité commenter. Mais au-delà des volumes achetés, des observateurs estiment que le succès de la stratégie du gouvernement s’explique par l’implication des caisses d’assurance maladie dans la vaccination. Chaque Israélien doit être affilié à l’une des quatre caisses d’assurance maladie du pays qui, grâce aux informations précises dont elles disposent, contactent personnellement les assurés au sujet de la vaccination.

Ces caisses sont non lucratives. Elles gèrent leurs propres cliniques et emploient leurs propres médecins. Elles ont mis en place des stratégies de sensibilisation à la vaccination adaptées à chaque composante de la société, passant notamment par une prise de contact avec d’influents rabbins concernant les juifs ultra-orthodoxes (12% de la population).

Si les rabbins approuvent alors je ne me pose aucune question

Simcha Barlow, juif ultra-orthodoxe

Les Arabes israéliens (20% de la population) se montrent plus sceptiques à l’égard d’un vaccin «qu’ils ne connaissent pas» et donc moins enclins à se faire vacciner, selon Mme Rosenberg. A Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé et annexé par Israël, les habitants semblaient «peu intéressés par la vaccination» en raison de la désinformation sur les réseaux sociaux, explique le docteur Ali al-Jibrini. «Mais le nombre de personnes qui se font vacciner augmente, il y a eu une sorte de réveil», constate-t-il.

Des organisations de défense des droits humains ont appelé Israël à garantir l’acheminement de vaccins dans les Territoires palestiniens, en sa qualité de «puissance occupante». L’Autorité palestinienne n’a pas indiqué officiellement si elle avait demandé l’aide d’Israël mais elle a annoncé lundi avoir signé des contrats d’approvisionnement avec quatre laboratoires étrangers.



■ «Les métiers de l’ombre» de la restauration appellent à l’aide

Grossistes en boissons et autres fournisseurs de l’hôtellerie restauration, des «métiers de l’ombre» ravagés eux aussi par la pandémie veulent bénéficier des mêmes aides que les cafés, restaurants et hôtels, car leurs pertes sont de même ampleur et l’horizon reste sombre.

Anne St Léger a repris en 2017 Serfi, une PME basée à Nice qui depuis 30 ans, fournit aux hôtels l’équipement (mobilier, literie, salles de bain…) et l’ingénierie technique pour les rénovations. L’entreprise familiale emploie 50 salariés, compte 3.500 clients et réalise 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.

«Nous étions en très forte croissance: nous allions faire 13 millions d’euros en 2020, mais nous n’avons travaillé que deux mois et demi. Ça me désole: on est cassés dans notre développement», explique-t-elle à l’AFP. «Nous sommes les entreprises de l’ombre: nos clients sont fermés, ont zéro visibilité, n’investissent pas dans des équipements, cela nous met complètement à l’arrêt».

Or ces fournisseurs, «très fortement dépendants des hôtels, cafés, restaurants» et tout aussi pénalisés par les périodes de confinement et de couvre-feu, ne bénéficient pas du même soutien de l’État et sont aujourd’hui «en danger» avec un premier semestre 2021 qui s’annonce sombre.

Si un hôtel qui perd 70% de son chiffre d’affaires peut toucher du fonds de solidarité 20% de son chiffre d’affaires mensuel jusqu’à 200 000 euros, son fournisseur n’aura droit qu’à «10 000 euros au maximum, alors qu’il peut dépendre à 98% de l’hôtellerie et réaliser plusieurs millions ou dizaines de millions de chiffre d’affaires. C’est un non-sens», estime-t-elle.


■ Les Pays-Bas prolongent les restrictions jusqu’au 9 février

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a annoncé mardi la prolongation jusqu’au 9 février des restrictions en place dans son pays. Le but est de freiner la pandémie de Covid-19 en raison d’un nombre de contaminations toujours élevé.

«Je ne pense pas vous étonner beaucoup ce soir, le confinement est prolongé de trois semaines», a annoncé Mark Rutte lors d’une conférence de presse télévisée, alors que les restrictions auraient du être levées le 19 janvier.

«Tout le monde ou presque comprendra qu’il n’y avait pas d’autre choix», a-t-il ajouté. Le gouvernement envisage également d’imposer un couvre-feu et a interrogé les autorités de santé publique à ce sujet, a ajouté Mark Rutte.