La Suisse et les paradis fiscaux, en allemand les oasis fiscales, provoquent un vif échange au parlement allemand. Le président du parti libéral FDP, Guido Westerwelle, a accusé violemment le ministre des Finances Peer Steinbrück d’avoir tenu des propos inamicaux, peu diplomatiques et irresponsables envers un pays voisin et ami en menaçant la Suisse du fouet et de la cavalerie. «Vous parlez d’oasis fiscale. Le problème, ce ne sont pas les oasis, mais le désert qui les entoure», selon Guido Westerwelle, très applaudi même sur les bancs des conservateurs de la CDU, qui a accusé le ministre des Finances de pratiquer une politique qui contribue précisément à inciter à l’évasion.

«Nous aussi nous sommes pour assécher les oasis fiscales, mais on ne peut pas insulter un pays voisin avec lequel nous entretenons des liens d’amitié depuis des siècles, un pays avec lequel la Bavière et le Bade-Wurtemberg ont des relations économiques intenses», a ajouté le porte-parole de la CDU pour les questions financières Otto Bernhard. La manière dont Peer Steinbrück a traité la Suisse est fausse et inadaptée, selon lui.

Joachim Poss, porte-parole du SPD, a défendu de son côté son ministre, rappelant que le but n’est pas d’attaquer la Suisse, mais de permettre l’établissement en Europe de règles financières transparentes et d’un système fiscal équitable. «Ce ne sera possible que lorsque les oasis fiscales auront été asséchées, or la CDU nous bloque sur ce dossier», a-t-il accusé.