L'essentiel

La manifestation des opposants aux mesures sanitaires, autorisée, s'est déroulée dans le calme hier à Berne, excepté quelques jets de pierres en fin de réunion.

L'Europe orientale connaît une forte remontée de cas. La Bulgarie est sur le point d'envoyer des malades du Covid-19 à l'étranger, alors qu'une quatrième vague submerge son système hospitalier, incitant la Roumanie voisine à relever ses restrictions.

En Allemagne les nouvelles infections ne cessent d’augmenter, passées en une semaine de 8600 à 13700 environ par jour.

La Russie a enregistré samedi encore un nouveau record de décès et de contaminations, pour le troisième jour consécutif. A peine un tiers des Russes sont vaccinés.

Retrouvez  notre suivi du samedi 23 octobre


■ L'Île de Pâques vote sur sa réouverture au tourisme

L'île chilienne du Pacifique Sud, située à 3700 km du continent, est coupée du monde depuis plus d'un an et demi en raison de la pandémie. Les 10 000 habitants n'ont pas vu un seul touriste depuis mars 2020 et l'imposition de l'état d'exception au Chili avec des restrictions sanitaires face au coronavirus. Le pays a enregistré plus de 1,6 million de cas et plus de 36'000 décès depuis le début de la pandémie.

Pour sa part, l'île comptabilise à ce jour huit cas de Covid-19 sur 10 000 habitants, et aucun nouveau cas depuis septembre 2020. Il n'y a pas eu de décès pendant la pandémie, selon les données des autorités locales.

Le vote  des Rapa Nui a lieu ce dimanche mais le résultat ne sera pas contraignant. La décision finale reviendra aux autorités sanitaires de la région de Valparaiso, dont dépend l'île, ou du Ministère de la santé qui n'a pas encore dit s'il comptait se plier ou non à la consultation.

L'île tire ses revenus de l'industrie touristique. «C'est la source de l'économie»,  explique à l'AFP Salvador Atan, vice-président de la communauté locale Ma'u Henua, qui administre le parc national Rapa Nui. A l'instar des autorités locales, il est favorable à une réouverture de l'île à partir du 1er janvier pour permettre le retour des touristes.

Il s'agit selon lui de trancher entre la faiblesse des capacités sanitaires pour faire face aux risques de contagion liés à l'arrivée de touristes et les nécessités économiques du territoire qui dépend exclusivement de ces recettes pour survivre.

Près des trois quarts (73,1%) de la population est vaccinée contre le Covid-19 sur l'Ile de Pâques mais le centre médical de la capitale Hanga Roa ne dispose d'aucune unité de soins intensifs. Une seule ambulance médicalisée envoyée depuis le continent il y a un mois peut transporter un patient à la vie menacée par le Covid-19.


■ La photo d'un policier portant des cloches provoque des remous

La photo a surgi dans le cadre de la manifestation à Berne hier, autorisée, d'opposants aux mesures sanitaires. On y voit un policier de dos, portant un joug et deux cloches, à l'image des sonneurs de cloches devenus des figures de la contestation, mais en marge de la foule. La police exclut que l'homme soit lié d'une quelconque manière avec des groupes critiques à l'égard des mesures anti-Covid. Selon elle, la situation est plutôt née spontanément d'une discussion entre le policier et un manifestant. Il était notamment question du poids des cloches.

Le policier ne semble pas avoir été conscient qu'il pouvait envoyer un signal, a indiqué dimanche le service de presse de la police cantonale bernoise. Il n'a en aucune façon voulu exprimer son opinion politique, ajoute-t-il.

Une vidéo a circulé ces derniers jours sur des réseaux sociaux en lien avec les manifestations contre les mesures sanitaires à Berne et ailleurs en Suisse. Elle montre des policiers présumés ayant rejoint les opposants.

Sur ce sujet, relireUn groupe anonyme de policiers dénonce les mesures sanitaires dans une vidéo


■ De nombreux hôpitaux sont tombés dans les chiffres rouges en 2020

Selon une étude du cabinet d'audit PwC, communiquée ce dimanche, seuls 28% des établissements de soins aigus ont enregistré des résultats positifs l'an dernier, contre 60% un an plus tôt. Le préjudice financier causé par la pandémie aux hôpitaux et aux cliniques est de 1,3 à 1,5 milliard, sachant que ce montant ne comprend pas les contributions versées par les cantons pour aider les hôpitaux durant la pandémie.

C'est l'interdiction des opérations non urgentes durant la première vague de la pandémie, au printemps 2020, qui a particulièrement pesé sur le chiffre d'affaires des établissements, selon ce rapport: le résultat a reculé de 4,2% dans le domaine stationnaire. La baisse est moins forte dans le secteur ambulatoire, où elle atteint 0,5%.

Les revenus sont également légèrement inférieurs à 2019 en psychiatrie. Le recul est nettement plus marqué dans le domaine de la réhabilitation.

Pour cette étude, PwC a étudié en septembre dernier les rapports annuels de 45 hôpitaux de soins aigus et de treize cliniques psychiatriques.


■ La pandémie pourrait prendre fin au printemps 

C'est ce qu'estime dans le TagesAnzeiger Lukas Engelberger, président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé, qui se dit «optimiste» à deux conditions: que la vaccination continue de progresser, et qu'il n'y ait pas de nouvelles mutations du virus. 


■ Swiss s'envole avec la réouverture des frontières

C'est ce que rapporte la NZZ am Sonntag. Le trafic aérien repart et le nombre de réservations a brusquement augmenté ces derniers temps, déclare dans le journal un porte-parole de Swiss. Il se dit surpris par la forte demande de billets en classe affaires. L'année dernière, la filiale du groupe allemand Lufthansa craignait encore que les visioconférences ne réduisent à l'avenir considérablement les déplacements professionnels.


■ Une 3e dose qui se fait urgente

De plus en plus de personnes vaccinées contre le coronavirus se retrouvent cependant à l'hôpital en Suisse, relate toujours la NZZ am Sonntag, pour qui cela pose la question de la troisième injection, déjà autorisée dans de nombreux pays. Swissmedic étudie actuellement les demandes d'autorisation de la dose de rappel déposées par des fabricants de vaccins Moderna et Pfizer et l'autorité de surveillance sanitaire a bien avancé dans l'évaluation, explique le directeur de Swissmedic, Raimund Bruhin. Elle n'est pas la seule responsable de cette situation d'attente, ajoute-t-il, car les entreprises pharmaceutiques ont déposé leur demande d'homologation plus tard en Suisse que dans d'autres pays.


■ L'Europe orientale sous pression

En Bulgarie, le ministre de la Santé Stoycho Katsarov s'est montré pessimiste, interrogé sur la chaîne Nova TV: «Notre capacité en termes d'effectifs et de ventilateurs est presque épuisée, nous allons devoir chercher de l'aide à l'étranger», a-t-il alerté. «Des discussions sont en cours avec l'UE pour transférer des patients dans d'autres pays, si on devait en arriver là». Selon des experts, la vague actuelle pourrait entraîner jusqu'à 5000 à 9000 contaminations par jour d'ici deux semaines, dans ce pays de 6,9 millions d'habitants.

La Bulgarie et la Roumanie ont le plus faible taux de vaccination de l'UE, freiné par la diffusion de théories complotistes et la méfiance des populations envers les autorités. Seuls 24% de Bulgares et 33% de Roumains ont achevé un parcours vaccinal complet.

La Roumanie, pays de 19 millions d'habitants, a enregistré 1,5 millions de cas, avec 15'000 nouvelles contaminations recensées samedi. Le gouvernement va renforcer  les mesures pour lutter contre l'épidémie, en rendant le masque obligatoire sur tout le territoire à partir de lundi et en interdisant les événements comme les mariages pour 30 jours. En parallèle, les salles de sport, les centres commerciaux et les restaurants devront exiger le pass sanitaire et les personnes non-vaccinées devront respecter un couvre-feu à 22h00.


■ Le marathon de Wuhan annulé au dernier moment

La crainte d'une résurgence du coronavirus grandit en Chine, qui mercredi sera à 100 jours de l'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de 2022 à Pékin. Le pays a signalé dimanche 26 nouveaux cas de Covid-19, et les organisateurs du marathon de Wuhan ont préféré annoncer en fin de semaine le report de l'épreuve de ce dimanche dans la ville du centre de la Chine «afin de prévenir le risque de propagation de l'épidémie».  L'événement devait compter 26.000 participants, dans la ville où le coronavirus a été identifié pour la première fois vers la fin de 2019.

Les organisateurs des JO ont admis au début du mois qu'ils étaient «confrontés à une grande pression» en raison de Covid-19.