En visite officielle mercredi en Espagne, Micheline Calmy-Rey a salué la proposition du gouvernement colombien de rencontrer les FARC. Elle a publié un communiqué commun avec son homologue espagnol Miguel Angel Moratinos, dans lequel tous deux soulèvent qu'un «accompagnement international» pourrait favoriser les discussions.

La Suisse joue depuis plusieurs années un rôle de «facilitateur» entre le gouvernement colombien et les FARC. Un rôle extrêmement délicat et fragile, les FARC refusant un rôle de médiateur à proprement parler puisqu'elles exigent de traiter directement avec Bogota. Ainsi, en août 2004, les FARC avaient clairement indiqué dans un communiqué qu'elles rejetaient une médiation suisse, position qui s'est quelque peu aplanie depuis.

Le 25 mars dernier, Micheline Calmy-Rey a reçu Astrid Betancourt, sœur de l'ex-candidate des Verts à la présidence colombienne retenue en otage depuis trois ans et demi par les FARC. «Par sa tradition de contribution aux efforts de paix, la Suisse a vraiment un rôle fondamental à jouer en Colombie», confiait alors Astrid Betancourt au Temps. Evoquant différentes tentatives de médiation avortées, elle ajoutait: «Le processus de facilitation officiel est aujourd'hui entrepris par la Suisse. J'ai grand espoir que la stratégie mise en place aboutisse. Car les personnes impliquées du côté suisse ont une profonde connaissance des FARC et une bonne expérience des négociations.»

Manœuvrant en terrain particulièrement mouvant, ces «négociateurs de l'ombre» ont d'ailleurs longtemps refusé de confirmer tout contact avec la guérilla. Discrétion oblige, les rencontres entre un émissaire suisse et Raul Reyes, numéro deux de la guérilla marxiste, dans la jungle colombienne, n'ont jamais été commentées par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). A Berne, on préfère souligner que la Suisse n'agit pas seule, mais de concert avec des pays comme la France ou l'Espagne.