La Suisse, la Russie, la Grèce et l'Autriche vont continuer à fournir de l'aide humanitaire en Yougoslavie. «Au Kosovo, au Monténégro et en Serbie», a insisté Walter Fust, chef de la Direction de la coopération et au développement (DDC) et architecte de l'opération «Focus». «Nous ne faisons pas de tri parmi les victimes de la guerre.»

Repoussant les allégations selon lesquelles l'opération avait surtout assisté les Serbes au Kosovo, Walter Fust a répondu qu'il n'avait pas «placé une personne à côté de chaque colis pour contrôler les destinataires». Selon lui, ce sont les Nations unies et autres organisations internationales qui limitent leurs interventions au Kosovo, «alors qu'en Serbie, il y a au moins 700 000 réfugiés originaires de Croatie et de Bosnie et que les bombardements y ont directement affecté des milliers de personnes». Et de faire remarquer que l'opération «Focus» est menée avec le consentement des pays occidentaux ainsi qu'avec l'accord des dirigeants politiques albanais du Kosovo, notamment de Hashim Thaçi et d'Ibrahim Rugova.

«Non, la participation de la Russie ne handicape pas la bonne marche de l'opération «Focus», a souligné Walter Fust. Mais les Albanais du Kosovo sont plutôt hostiles aux Russes, non? «Je vous assure que notre sécurité n'a jamais été menacée, répond le patron de la DDC. Plus énervé par cette question, Sergeï Shoïgu, ministre russe de la Défense civile et membre du Conseil national de sécurité de la Russie, répond: «Au moment où les bombes de l'Alliance atlantique pleuvaient sur les Kosovars, nous étions les seuls à leur apporter un peu de secours.»

Le ministre russe, lui aussi, justifie la poursuite de l'opération «Focus». «Savez-vous qu'en Serbie, il n'y a plus d'essence et que les paysans ne peuvent pas récolter cet été. Résultat, ils n'auront pas assez de vivres l'hiver prochain et seront davantage dépendants de l'aide étrangère… Nous n'acceptons pas cette logique.»