L’essentiel

Ce mercredi, le Conseil national a organisé un bref débat extraordinaire sur le covid et les effets de la crise. Alain Berset y a tenu des propos laissant penser que les ouvertures évoquées pour le 22 mars ne sont pas garanties.

En France, un reconfinement de la région parisienne est évoqué.

L’Office fédéral de la santé publique annonce ce mercredi 1858 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, un bond de 400 personnes de plus en un jour.

Retrouvez notre suivi de la journée de mardi


■ Paris saura demain à 18h si elle est reconfinée

Nous avons commencé la journée par l'hypothèse d'un nouveau confinement de Paris et région, nous avons fait un détour par Berne (Alain Berset pessimiste devant les députés, à suivre; les décisions du Conseil fédéral vendredi) puis Bruxelles – lancement annoncé du certificat covid de l'UE, auquel la Suisse sera associée: bouclons ainsi la boucle de la journée.

Ce mercredi en fin de journée, le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal a indiqué que le président Emmanuel Macron s'apprête à prendre «des mesures supplémentaires» applicables dès ce week-end.

Il reviendra au premier ministre Jean Castex d'annoncer jeudi à 18 heures ces nouvelles restrictions. Elles «peuvent aller jusqu'à un confinement», mais a priori sans fermeture des écoles.


■ Genève est convaincue de l’efficacité de la vaccination

A Genève, seule une des quelque 20 000 personnes de 75 ans et plus qui ont reçu leurs deux doses de vaccin contre le Covid-19 a été diagnostiquée avec une infection à la maladie plus de 15 jours après sa seconde vaccination. De plus, cette personne était asymptomatique. Selon les autorités sanitaires genevoises, ce résultat démontre que la vaccination fonctionne «remarquablement bien».

Fort de ce constat, le département de la sécurité, de l’emploi et de la santé a annoncé mercredi que le canton allait réorienter sa stratégie vaccinale en ouvrant, dès lundi prochain, la vaccination aux personnes âgées de 65 à 74 ans. Il s’agit de faire face au mieux à la troisième vague épidémique qui menace.

Lire aussi:  Covid-19: une étude israélienne confirme l'efficacité du vaccin Pfizer à 94%

Les diverses études menées sur le Covid-19 dans le monde montrent en effet que l’âge est un facteur qui augmente les risques de développer une forme grave de la maladie. Le canton de Genève souhaite donc pouvoir protéger toutes les personnes dont l’âge représente un critère de vulnérabilité.

Dès la semaine prochaine, la procédure vaccinale sera simplifiée. La vaccination des personnes «particulièrement» vulnérables sera poursuivie, selon les critères stricts de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Mais en parallèle, les personnes âgées de 65 à 74 ans pourront aussi s’inscrire pour recevoir leur dose.

Les soignants seront ensuite dans le prochain wagon prioritaire, puis les autres catégories d’âges dans l’ordre suivant: les personnes âgées entre 55 et 64 ans, les 45-54 ans, les 35-44 ans, les 25-34 ans et enfin les 16-24 ans. La vaccination sera toujours tributaire du nombre de doses réceptionnées par le canton.


■ La Suisse sera incluse dans le futur passeport vaccinal de l’UE

La Suisse sera associée au futur passeport vaccinal de l’Union européenne (UE). Berne pourra aussi participer aux discussions des 27 sur son élaboration, a indiqué le commissaire européen à la justice Didier Reynders mercredi au terme de la séance de la Commission.

Lire aussi: 

Les détails seront présentés aux Etats membres dans le cadre du Comité des ambassadeurs (Coreper). La Suisse sera également à la table des réunions de ce dernier, lorsque la conception du laissez-passer de vaccination de l’UE sera discutée. Les dirigeants de l’UE devraient quant à eux aborder le sujet lors du sommet des 25 et 26 mars.

Ce passeport vaccinal ne sera pas facile à mettre en oeuvre, d’après les discussions de la Coreper de la semaine passée. De nombreuses questions de nature éthique, scientifique, juridique et technique ne sont pas résolues. Il est donc loin d’être certain que le certificat de vaccination soit réalisable d’ici l’été.

Les ambassadeurs des 27 ont cependant déjà convenu que les personnes non vaccinées ne devaient pas être discriminées par rapport à celles vaccinées, d’autant plus que les goulets d’étranglement dans la livraison empêchent de vacciner tous ceux qui le souhaitent d’ici l’été. Unité aussi sur le fait que ce certificat de vaccination doit être disponible aussi bien sous forme numérique que sur papier.


■ Berlin appelle les Allemands à être «responsables» et à ne pas se rendre à Majorque

Le gouvernement d’Angela Merkel a appelé mercredi les Allemands à être «responsables» en période pandémique et à ne pas se rendre dans la très prisée île espagnole de Majorque, malgré l’affrètement de nombreux vols.

«Pour les voyages, nous appelons simplement à s’abstenir, surtout les voyages non essentiels, c’est-à-dire les voyages touristiques, car là, les contacts peuvent se multiplier et donc propager le virus», a mis en garde une porte-parole du gouvernement, Ulrike Demmer, lors d’une conférence de presse.

Alors que l’Allemagne constate sur son territoire le début d’une troisième vague de contaminations, l’institut de veille sanitaire Robert-Koch a récemment annoncé que Majorque, ainsi que d’autres régions espagnoles comme celle de Valence, n’étaient désormais plus considérées comme des zones à risque.


■ Vaccins: l’UE menace de durcir les conditions pour ses exportations

La Commission européenne a menacé mercredi de durcir les conditions d’exportation hors UE des vaccins anti-Covid, afin d’obtenir – au nom de la «réciprocité» – des doses auprès des pays qui en produisent aussi, en particulier le Royaume-Uni.

«Nous voulons de la réciprocité et de la proportionnalité dans les exportations, et nous sommes prêts à recourir à toutes les options […] pour nous assurer que l’Europe reçoive sa juste part», a averti la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse.

«Les routes doivent être ouvertes dans les deux sens […] Nous exportons beaucoup de vaccins vers des pays qui en produisent eux-mêmes. C’est une invitation pour eux à être ouverts […] Si la situation ne change pas, nous devrons avoir une réflexion sur les exportations vers les pays producteurs, en fonction de leur niveau d’ouverture», a-t-elle insisté.

Mme von der Leyen a nommément pointé du doigt le Royaume-Uni, où deux sites produisent le vaccin d’AstraZeneca, massivement employé dans les campagnes de vaccination du pays.

«Nous attendons toujours de voir des doses (d’AstraZeneca) venir du Royaume-Uni. Nous invitons (Londres) à nous montrer qu’il peut également y avoir des vaccins exportés depuis le Royaume-Uni vers l’UE, de telle sorte qu’il y a ait réciprocité», a insisté la chef de la Commission.


■ L’OMS recommande toujours l’AstraZeneca «pour le moment»

Pour le moment, l’OMS estime que la balance risques/bénéfices penche en faveur du vaccin AstraZeneca et recommande que les vaccinations se poursuivent

indique l’Organisation mondiale de la santé ce mercredi. L’instance ne prononce pas son jugement définitif, fort attendu. Ses experts continuent «d’évaluer» les données concernant les problèmes de santé rencontrés par quelques personnes vaccinées avec ce produit.


■ La Commission européenne présente son «certificat» covid

Le terme de «passeport» n’est pas utilisé. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a présenté ce mercredi à mi-journée un projet de certificat sanitaire qui vise à aider les Vingt-Sept «à rétablir la liberté de circulation d’une façon sûre, responsable et digne de confiance».

Ce certificat, que Bruxelles veut voir adopter avant l’été pour sauver la saison touristique, attestera que son titulaire a été vacciné contre le Covid-19, a passé un test PCR négatif ou est immunisé après avoir contracté la maladie.


■ 1858 nouveaux cas

S’il est un moment où les chiffres quotidiens sont particulièrement suivis, c’est bien ces jours. Mauvaise nouvelle: l’Office fédéral de la santé publique annonce ce mercredi 1858 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, un bond de 400 personnes de plus par rapport à hier.

  • 16 décès supplémentaires sont à déplorer;
  • 72 malades ont été hospitalisés;
  • Durant les dernières 24 heures, les résultats de 40 677 tests ont été transmis;
  • Le taux de positivité s’élève à 4,57%;
  • Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 16 764;
  • Sur les deux dernières semaines, le pays compte ainsi 193,92 nouvelles infections pour 100 000 habitants.
  • Le taux de reproduction, qui a un délai d’une dizaine de jours, est lui de 1,14.

■ Le National favorable aux tests sérologiques en pharmacie

Dans le cadre de son débat spécial (lire ci-dessous), le Conseil national a accepté à l’unanimité une motion demandant l’élargissement aux pharmacies des tests permettant d’identifier les personnes ayant été infectées par le Covid-19. Cela permettra de mieux estimer le pourcentage de personnes déjà atteintes dans la population. Les tests sérologiques ne sont pas encore fiables, mais le deviendront à brève échéance.


■ Vendredi, une marche arrière du Conseil fédéral?

Le Conseil national a déjà terminé son débat spécial sur la crise sanitaire. Dans la discussion, on relève qu’Alain Berset a tenu une ligne comparable à celle de son équipe à la Santé publique, hier, lors de la conférence de presse de l’OFSP, à propos de la «fragilité» de la situation actuelle (voir notre suivi).

Alain Berset a lancé: «Vous nous avez demandé – le parlement nous a demandé – et les cantons ont également soutenu cette approche, que toute évolution soit fondée sur des critères fiables. A cette fin, nous avons indiqué quels pouvaient être ces critères et nous les avons mis en place. Ils ont été mis en consultation au mois de février et personne n’a émis de critiques quant à ces critères. Cela permet d’avoir une certaine idée de la situation. Aujourd’hui, nous devons constater que trois des quatre critères mis en place en février ne sont déjà pas remplis pour la suite.»

Les critères en question, formulés le 24 février, étaient:

  • Un taux de positivité inférieur à 5%;
  • Le nombre de lits aux soins intensifs occupés par des patients Covid-19 ne pas dépasser 250;
  • Un taux de reproduction en dessous de 1;
  • L’incidence sur deux semaines ne pas dépasser celle du 1er mars.

Alain Berset s’empresse d’ajouter qu’«il n’y a pas d’automatisme»: la décision politique n’est pas directement indexée sur ces indicateurs. Mais les propos de ce matin semblent préparer le terrain à des annonces moins larges vendredi. Il a d’ailleurs insisté: «La situation se dégrade.»

Rappelons certaines des mesures envoyées en consultation vendredi dernier, 12 mars:

  • Autorisation des réunions privées de 10 personnes à l’intérieur;
  • Les manifestations accueillant du public à l’extérieur pourraient aller jusqu’à 150 personnes, «pour un match de football ou un concert open air», est-il cité en exemple;
  • Les cinémas, salles de concert et théâtres pourraient rouvrir avec une jauge de 50 personnes maximum;
  • Les restaurants pourraient ouvrir leurs terrasses. Il faudrait y consommer assis et on pourra enlever le masque «que pendant la consommation». Les tables seront limitées à quatre personnes;
  • L’enseignement présentiel dans les hautes écoles serait à nouveau toléré, à 15 personnes par salles uniquement.

■ Une structure pour soigner le covid long à Martigny et à Rennaz

Le Centre Hospitalier du Valais romand (CHVR) et l’Hôpital Riviera-Chablais (HRC) ont ouvert une structure dédiée aux patients qui souffrent de séquelles du Covid-19. Cette consultation est en place à Martigny (VS) et à Rennaz (VD) depuis le 1er mars 2021. La structure créée est composée de divers spécialistes dont des pneumologues, des psychiatres et des physiothérapeutes.

L’OMS estime que 10% des personnes ayant contracté la maladie sont susceptibles d’avoir des séquelles. En Suisse, 15% des personnes hospitalisées ont nécessité une réhabilitation après l’infection aiguë, détaille pour Keystone-ATS Pierre-Olivier Bridevaux, chef du Service de pneumologie du CHVR. A titre indicatif, trois personnes sur quatre qui ont été hospitalisées développent un covid long.

Une étude nationale sur les effets à long terme du Covid-19 est en cours mettant à contribution la plupart des hôpitaux universitaires et cantonaux. La consultation de Martigny et Rennaz apportera sa pierre à l’édifice en permettant la réalisation d’études cliniques sur le covid long, relève le professeur Bridevaux.


■ Une livraison Covax pour les Palestiniens

Les Palestiniens ont reçu mercredi leur première livraison de vaccins du dispositif Covax destiné aux régions défavorisées, note l’AFP en Cisjordanie occupée.

Quelque 60 000 doses de vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca attribués aux Palestiniens dans le cadre du programme Covax sont arrivées mercredi matin à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, selon une source sécuritaire israélienne.


■ Le National a entamé son débat

«Laissez-nous travailler! L’État ne peut pas remplacer la société et l’économie», a lancé Roland Rino Büchel (SG) lors des premiers échanges du débat spécial au National. Il résume le crédo de l’UDC, toujours plus nerveuse sur cette question: «Nous suivons les décisions du Conseil fédéral comme des moutons. Est-ce pour cela que nous avons été élus? Non. Et en plus, on nous colle un gros sac à dos de dettes. La charge pèsera pour des générations.»

Pour le PS, Fabian Molina (ZH) fustige, lui, les «manœuvres des pharmas», qui maintiennent les vaccins «artificiellement rares». Les populations des pays en développement comme les Suisses en souffrent, argue-t-il.

Au PLR, Olivier Feller (VD) déplore que ce débat se déroule «en réalité trop tard». Il critique les lenteurs et cahots des procédures de vaccination, les manques de fioles, la difficulté croissante de prévoir les étapes de la vaccination de la population, et la situation très moyenne, voire médiocre, de la Suisse en comparaison internationale à ce sujet.

Alain Berset lance que «la situation se dégrade», avant de rappeler que le gouvernement se prononcera vendredi. Il vante les mouvements du Conseil fédéral, qui s’est mis en quête d’un vaccin en juin 2020, «alors qu’il y avait 120 projets en cours». «Une stratégie extrêmement solide», plaide le Fribourgeois.


■ Les Chambres restent divisées sur les aides économiques

A Berne, après trois rondes de débats, les parlementaires n’ont toujours pas trouvé de terrain d’entente sur la loi Covid-19. Les cas de rigueur, le coup de pouce aux locataires commerciaux ou encore le soutien des manifestations figurent parmi les principales pierres d’achoppement.

Le National a certes entériné quelques décisions des Etats, mais il campe sur ses positions. Par exemple dans la définition de la notion de base de cas de rigueur. Une entreprise sera considérée comme telle, si elle affiche un recul de 40% de son chiffre d’affaires en moyenne pluriannuelle – ce que les deux Chambres admettent. Dans des cas exceptionnels, cette limite pourra cependant être fixée à 25%; le National a tenu à ajouter, par 113 voix contre 79, cette précision.

Une conférence de conciliation, l’étape finale de débats au parlement, devra trancher, jeudi.


■ Baisse des décès sur le plan mondial

Le nombre de nouveaux décès de la pandémie dans le monde a atteint la semaine dernière un plus bas depuis plus de quatre mois, a indiqué mardi soir l’Organisation mondiale de la santé. En revanche, celui des nouvelles infections a continué d’augmenter, pour la troisième semaine consécutive, cette fois de 10%.

Selon des données portant jusqu’à dimanche matin, moins de 60 000 personnes ont succombé au coronavirus la semaine dernière. Une première depuis début novembre.

Avec un peu plus de 58 000 décès, le nombre a reculé de 3% sur une semaine. Cette amélioration a été observée dans toutes les régions, sauf le Pacifique occidental et la Méditerranée orientale.

En revanche, le nombre de nouvelles contaminations a dépassé les 3 millions, contrairement aux semaines précédentes. Là encore, il a augmenté dans toutes les régions, sauf en Afrique. Alors que l’Europe a dû faire face à une avancée de 6%, cette détérioration a été largement plus importante dans une partie de l’Asie et dans le Pacifique occidental.


■ Aux Pays-Bas, on vote dans les centres de vaccination

Ce mercredi matin, les bureaux de vote se sont ouverts aux Pays-Bas, dernier jour d’élections législatives, considérées comme un test de la gestion de l’épidémie par le gouvernement actuel et qui devraient permettre au premier ministre Mark Rutte de décrocher un nouveau mandat.

L’agence AFP raconte que les premiers électeurs ont voté à 7h30. Les bureaux de vote ferment à 21h et les premières estimations sont attendues peu après.

Les bulletins de vote pour ce scrutin de trois jours qui a démarré lundi sont déposés dans des endroits inhabituels tels que des musées et des centres de tests aux quatre coins des Pays-Bas, où l’on peut parfois voter à vélo ou en voiture.


■ Ce mercredi ou jeudi, l’annonce d’un confinement pour l’Ile-de-France?

Mardi soir sur BFMTV, le premier ministre français Jean Castex a pour ainsi préparé le terrain. Il a affirmé que le «moment est venu pour envisager des dispositions pour la région parisienne». Selon lui, «les données sont réunies» pour un éventuel reconfinement.

«On est dans une situation préoccupante et critique et, très clairement, des mesures du type de celles auxquelles on a eu recours dans les autres parties du territoire sont sur la table ce soir», a-t-il déclaré. Il faisait référence aux confinements mis en place le week-end à Nice, Dunkerque et dans le Pas-de-Calais.