Cette semaine, «Le Temps» a visité cinq lieux dans le monde où des Suisses ont émigré pour trouver une vie meilleure.

Episodes précédents:

«Encore des pauvres de Suisse – une cargaison en route», le New York Times du vendredi 30 mars 1855 évoque sans équivoque la situation de la population rurale confédérale de l’époque. Le texte, signé du consul des Etats-Unis en Suisse, prévient les autorités portuaires new-yorkaises: la commune argovienne de Niederwil (aujourd’hui Rothrist) «a envoyé 320 de ses plus pauvres habitants aux Etats-Unis». Appelant à la vigilance, il s’émeut de l’arrivée imminente de ces émigrants, qui «ne sont certainement pas une addition très désirable à notre population».

Finalement, New York n’aura pas à se soucier de ces indésirables boat people. Les 293 rescapés d’une traversée de quarante-six jours dans les entreponts d’un trois-mâts voguent vers La Nouvelle-Orléans. Mais la ville leur interdit de débarquer, et ils sont finalement transférés en vapeur à Saint-Louis, sur le Mississippi. Ensuite, la trace de leurs destins se perd.