Le Parlement s’est prononcé pour le renvoi devant la Haute cour de justice (Landsdomur) de l’ancien dirigeant conservateur du gouvernement islandais par 33 voix pour et 30 voix contre, selon le résultat du vote.

L’actuelle cheffe du gouvernement islandais, la sociale-démocrate Johanna Sigurdardottir, qui avait appelé à ne pas renvoyer en justice son prédécesseur, a voté contre. Le numéro deux du gouvernement, le ministre des Finances Steingrimur Sigfusson du parti Gauche Verts, membre de la coalition gouvernementale, a, lui, voté pour le renvoi devant le tribunal de Geir Haarde.

Âgé de 59 ans, Geir Haarde, qui avait démissionné pour soigner un cancer en janvier 2009 juste après la tourmente financière qui avait terrassé les banques islandaises, était arrivé au pouvoir en juin 2006 et avait été réélu en 2007, sous l’étiquette du Parti de l’Indépendance (conservateur, eurosceptique).

Le Parlement islandais a néanmoins voté contre la traduction en justice de trois anciens ministres de Geir Haarde, la sociale-démocrate Ingibjorg Solrun Gisladottir, ancienne chef de la diplomatie, Arni Mattiassen, ancien ministre des Finances et Björgvin Sigurdsson, ancien ministre du Commerce.

Crise pas anticipée

Au moment de la démission du premier ministre, les Islandais, dont un grand nombre ont perdu leur emploi ou leurs économies, reprochaient à Geir Haarde de ne pas avoir pris la mesure de la crise suffisamment tôt, contraignant le gouvernement à prendre le contrôle à la hâte des trois premières banques du pays, à court de liquidités.

Il a aussi payé son soutien inébranlable à l’époque à l’impopulaire gouverneur de la banque centrale David Oddsson, artisan de la libéralisation du secteur financier dans les années 1990 lorsqu’il était premier ministre.

Un comité parlementaire avait recommandé mi-septembre des poursuites contre Geir Haarde et trois de ses anciens ministres, ce que l’ancien premier ministre avait qualifié de «grand choc».

La commission parlementaire confirmait les conclusions du «rapport Vérité» publié en avril dernier par la Commission d’enquête spéciale (SIC) soulignant l’extrême négligence des principaux dirigeants politiques et des banquiers de l’époque dans l’effondrement du système bancaire islandais.