Il était activement recherché par les polices européennes. L’auteur présumé de l’attaque au camion-bélier de Berlin, Anis Amri, un Tunisien de 24 ans, a été abattu lors d’un contrôle de police dans la nuit à Milan, ont confirmé vendredi les autorités italiennes.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur, Marco Minniti, a affirmé que l’homme abattu était «sans l’ombre d’un doute» le suspect de 24 ans, en fuite depuis l’attentat qui a fait 12 morts et 50 blessés. L’homme a été abattu lors d’un contrôle de police de routine et a sorti «sans hésiter» une arme, a indiqué le ministre.

Avis de recherche européen

Des empreintes digitales du Tunisien avaient été retrouvées sur le poids lourd qui s’est précipité dans la foule lundi soir à Berlin. Il faisait l’objet d’un avis de recherche européen et d’un mandat d’arrêt.

Il avait pris la fuite, probablement armé, après l’attentat revendiqué par le groupe Etat islamique (EI). Des images d’une caméra de surveillance l’avaient montré devant une mosquée de Berlin, présentée comme un lieu de rassemblement islamiste, quelques heures après le carnage, selon la chaîne publique allemande Rbb.

D’autres images avaient montré le suspect les 14 et 15 décembre, entre 3h et 4h du matin, soit 5 et 4 jours avant l’attentat, devant la mosquée pourtant fermée depuis longtemps par les autorités et qui a fait l’objet d’une perquisition jeudi matin, selon Rbb.

Quatre ans en Italie

Avant de s’installer en Allemagne en juillet 2015, il avait passé quatre ans en Italie peu après être arrivé de Tunisie sur l’île de Lampedusa en 2011. Il avait été condamné pour avoir mis le feu à une école.

Les enquêteurs sont convaincus qu’il est bien l’auteur du pire attentat jamais revendiqué par le groupe djihadiste Etat islamique sur le sol allemand. En raison d’une série de dysfonctionnements, Anis Amri a eu trente heures pour disparaître entre son attentat lundi soir et le lancement d’un avis de recherche allemand et européen.

Angela Merkel espérait une arrestation rapide

«Je suis convaincue que nous surmonterons l’épreuve dans laquelle nous nous trouvons», avait souligné la chancelière Angela Merkel jeudi, ajoutant espérer «une arrestation bientôt».

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Le frère du suspect, Abdelkader Amri, a appelé Anis à se rendre, tout en se disant «sûr» de son innocence. «S’il est en train de m’écouter, je lui dis: présente-toi» à la police, a-t-il dit à devant le domicile familial à Oueslatia, dans le centre de la Tunisie.

Les policiers ont été vivement critiqués d’abord pour avoir focalisé leur attention pendant vingt-quatre heures sur un suspect pakistanais finalement mis hors de cause.

Dès mardi matin, les papiers d’Amri avaient été retrouvés dans le camion, mais l’avis de recherche n’a été lancé que dans la nuit de mardi à mercredi, lui laissant un temps précieux pour disparaître.

Placé sous surveillance policière

Le jeune Tunisien n’avait jamais réellement été inquiété par les autorités, alors que celles-ci le soupçonnaient de vouloir commettre un attentat en Allemagne. Elles le savaient en contact avec des salafistes connus et il circulait dans le pays en utilisant une demi-douzaine d’identités.

L’homme faisait même l’objet d’un signalement pour sa dangerosité au centre national de lutte antiterroriste. Il avait été placé sous surveillance policière pour un possible projet d’attentat, avant que la justice ne classe l’affaire faute d’éléments probants.

Un expert du djihadisme, le professeur Peter Neumann du King’s College de Londres, parle d’un «échec systémique». «Une fois que la poussière sera retombée, je pense qu’il faudra se poser des questions de fond» sur les mécanismes de l’antiterrorisme en Allemagne, a-t-il estimé.