Saluant «l’arrestation du tireur présumé», François Hollande a souligné qu’il avait été interpellé «dès qu’il a mis le premier pied en France». Le procureur de Paris François Molins a pour sa part évoqué «un très fort faisceau d’indices graves et concordants».

Agé de 29 ans, Mehdi N. présente un profil similaire à celui de Mohamed Merah, jeune délinquant radicalisé dans ses convictions islamistes qui avait séjourné en Afghanistan et au Pakistan avant de tuer trois parachutistes, puis trois enfants et un enseignant juifs à Toulouse et Montauban en mars 2012.

Le suspect, originaire de Roubaix (Nord), a passé depuis la fin 2012 plus d’un an en Syrie, «où il semble avoir rejoint les rangs de groupes combattants» parmi les plus violents, comme l’Etat islamique de l’Irak et du Levant (EIIL), a expliqué le procureur de Paris.

Un drap blanc portant le nom de l’EIIL a été retrouvé dans ses bagages, lors de son arrestation après un contrôle «inopiné» des douaniers vendredi à la mi-journée à la gare routière Saint-Charles à Marseille dans un autocar en provenance d’Amsterdam via Bruxelles. L’homme portait aussi un revolver, une Kalachnikov – des armes similaires à celles utilisées à Bruxelles –, des munitions et une caméra portative GoPro.

Une brève vidéo, retrouvée dans un «fichier caché» de la mémoire de son appareil photo, montre ces armes et une voix, semblable à celle de Mehdi N., «déclare avoir commis l’attentat contre les juifs à Bruxelles», en précisant que la GoPro «n’a pas fonctionné» durant la tuerie, a expliqué dans la capitale belge le procureur fédéral du Royaume, Frederic Van Leeuw.

Le suspect est un délinquant multirécidiviste, condamné à sept reprises de 2004 à 2009, notamment pour des vols avec violence, et son dernier séjour en prison a duré près de cinq ans. Là, il s’était «illustré par son prosélytisme extrémiste» et son «radicalisme religieux» signalé aux services de renseignement, a détaillé François Molins.