Tantôt paradisiaques, sablonneuses, luxuriantes, tantôt battues par les vents, rocailleuses, inhospitalières… Il est souvent question de paysage lorsque l’on évoque les îles. Pourtant, un îlot peut cacher plus que quelque espèce exotique: il est bien souvent porteur d’histoires. Et ce sont ces récits insulaires que «Le Temps» vous conte cet été.

Les épisodes précédents: 

Le Svalbard. Une trentaine d’îles perdues dans l’océan Arctique entre le Groenland et l’archipel russe de François-Joseph. Une fois et demie la taille de la Suisse pour 3000 habitants et autant d’ours blancs. Isolé, glacial et inhospitalier, c’est un archipel immergé dans la nuit de fin octobre à mi-février. La région ne connaît cependant pas la routine. Convoitée par les Russes, terre d’accueil de la réserve de graines vivrières mondiale, prisée des scientifiques et des touristes, elle détient également le titre d’avant-poste du changement climatique: nulle part sur terre l’environnement ne se réchauffe plus vite qu’au Svalbard.

«Ville de graisse de baleine»

Déjà évoqué dans certains écrits islandais du XIIe siècle, l’archipel est officiellement «découvert» en 1596 par l’explorateur néerlandais Willem Barents. Celui-ci nomme l’endroit Spitsbergen (montagnes pointues). Vingt-trois ans plus tard, les Pays-Bas y fondent une première colonie: Smeerenburg – «ville de graisse de baleine». En pleine expansion, les empires français, russe, britannique, espagnol ou encore danois (la Norvège ne faisait alors qu’un avec le Danemark) convoitent les eaux riches en ressources naturelles de l’archipel – sans qu’un vainqueur n’émerge. Au début du XIXe siècle, la surpêche aura cependant tranché la question en vidant la zone de la plupart de ses proies.