71 étudiants et neuf enseignants ont été secourus juste avant l’aube, au terme, selon l’armée pakistanaise, «de combats féroces» après que les militaires eurent établi des postes de contrôle routiers pour empêcher les kidnappeurs d’emmener leurs otages dans leurs fiefs. Mais, comme d’ordinaire, il est impossible de vérifier les informations délivrées par l’armée, qui empêche tout accès aux zones sensibles.

Ce bref enlèvement s’est produit au plus fort de l’offensive des militaires lancée il y a un mois dans la vallée de Swat et ses environs, plus au nord, contre les talibans liés à Al-Qaïda qui s’en étaient emparés il y a près de deux ans.

Les différentes informations qui ont circulé depuis l’enlèvement lundi soir ont été extrêmement contradictoires. Les différentes sources avaient d’abord évoqué 400 otages, pour revenir à moins de 100 rapidement, puis une vingtaine lundi soir.

La police avait tout d’abord annoncé que quelque 400 élèves âgés de 15 à 25 ans et membres du personnel d’un collège de Razmak, dans la zone tribale du Waziristan du Nord, voyageaient à bord d’une trentaine d’autobus en direction de Bannu, une ville plus à l’est, quand ils ont été «kidnappés» par des talibans. D’autres policiers parlaient d’étudiants «portés disparus» et en nombre bien inférieur. Puis, rapidement, des responsables locaux avaient assuré lundi soir que la plupart des étudiants avaient réussi à regagner librement une zone sûre, certains parlant de 24 toujours retenus dans la nuit.

Depuis le 26 avril, sous la pression intense de Washington, son principal bailleur de fonds, Islamabad a lancé son armée dans une vaste offensive dans trois districts du nord-ouest, dans la vallée de Swat et ses environs. Les militaires assurent aujourd’hui qu’ils ont quasiment chassé les talibans de cette région, en dehors de quelques poches de résistance. Mais les talibans pakistanais, alliés d’Al-Qaïda, ont juré de se venger et ont, en représailles, considérablement intensifié ces derniers jours la vague d’attentats suicide qui a déjà tué plus de 1900 personnes dans tout le pays depuis un peu moins de deux ans.

Les zones tribales du nord-ouest, frontalières avec l’Afghanistan, sont devenues ces dernières années le nouveau bastion d’Al-Qaïda qui a y reconstitué ses forces grâce au soutien des talibans pakistanais. Les talibans afghans y ont installé des bases arrières pour leur insurrection dans le pays voisin.