■ L’essentiel

L’Autriche a entamé, lundi, trois semaines de confinement. C’est le premier pays à se reconfiner en Europe.

«Chacun ou presque sera vacciné, guéri ou mort» d’ici «vraisemblablement la fin de l’hiver» en raison du variant Delta: les mots choc du ministre allemand de la Santé veulent inciter les Allemands à se vacciner davantage, alors que les contaminations battent des records.

La charge de travail du personnel soignant a encore augmenté pendant la deuxième et la troisième vague de la pandémie, a détaillé un rapport de l’Université de Berne. Tandis que les cantons se posent la question de durcir les mesures sanitaires, devant la remontée des cas.

Sur ce sujet: Les cantons prêts à renforcer les mesures contre le Covid-19
 

Retrouvez notre suivi de la journée de lundi.


■ L’armée allemande compte rendre le vaccin obligatoire pour les soldats

L’armée allemande, la Bundeswehr, s’apprête à ajouter le vaccin contre le Covid-19 à sa liste de vaccins obligatoires pour ses soldats, alors que l’Allemagne est confrontée à une résurgence du virus, a annoncé mardi un porte-parole du ministère de la défense à l’AFP.

La décision a été prise par un comité d’arbitrage du ministère avec participation des représentants du personnel, a-t-il ajouté, indiquant viser une mise en oeuvre «rapide». La virulence de la nouvelle vague d’infections en Allemagne a ouvert un débat sur l’obligation vaccinale dans ce pays qui avait jusqu’ici exclu cette option.


■ Un médecin belge soupçonné d’avoir validé 2000 fausses vaccinations

La justice belge enquête sur un médecin soupçonné d’avoir enregistré 2000 fausses vaccinations anti-covid, la fraude «la plus grave» à ce jour dans la gestion de la pandémie en Belgique, selon la ministre wallonne de la Santé qui a révélé les faits mardi. Ce praticien de la partie francophone du pays aurait offert ses services «aux quatre coins de la Wallonie», parfois en se faisant rémunérer pour des injections qui n’avaient pas lieu.

L’objectif était de faire bénéficier le patient d’un pass sanitaire lui permettant d’échapper aux restrictions en vigueur. «C’est une fraude à la vaccination de la part d’un médecin qui a encodé un nombre astronomique de personnes qu’il aurait vaccinées […] 2000 personnes au total», a déclaré au micro de la RTBF Christie Morreale, ministre de la Santé de la région wallonne.

Selon elle, il est impossible qu’un seul médecin ait pu vacciner autant de monde dans tant de lieux différents. La justice et l’ordre des médecins ont été saisis du dossier, et ce généraliste a d’ores et déjà été privé de l’accès à la banque de données qui centralise les vaccinations.

Relire: Quatre faussaires de certificats covid arrêtés à Genève

«Les médecins doivent être conscients que la société a confiance en eux. Ils doivent rédiger les certificats médicaux avec objectivité et sincérité», a pour sa part déclaré à la télévision Benoît Dejemeppe, président du Conseil national de l’ordre des médecins. «Tout dépendra des circonstances mais la sanction peut aller jusqu’à la radiation», a-t-il ajouté. Quant aux personnes qui ont bénéficié de la fraude, elles sont également passibles de poursuites judiciaires, a précisé la ministre, Christie Morreale.

Dans un premier temps, leur pass sanitaire (ou «Covid Safe Ticket» en Belgique) a été «suspendu» et elles vont être contactées pour se voir proposer une vaccination en bonne et due forme. «On s’est rendu compte sur des sites antivax qu’il y avait des appels à acheter des faux certificats», certains donnant accès à des fausses vaccinations (pour être en contact avec le médecin enregistrant l’acte), a aussi expliqué cette responsable socialiste du gouvernement régional de l’ex-Premier ministre Elio Di Rupo.


■ Sous «l’emprise» du covid, l’Europe pourrait dénombrer 700 000 morts supplémentaires

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est alarmée mardi de l'«emprise» du Covid-19 en Europe qui pourrait faire 700 000 morts supplémentaires sur le continent, où les nouvelles restrictions sanitaires suscitent la colère. Si les sombres prédictions de l’OMS venaient à se réaliser, cela porterait à 2,2 millions le nombre total de décès dus à la pandémie sur le Vieux Continent d’ici au printemps.

«La Région Europe reste sous l’emprise de la pandémie de Covid-19. La semaine dernière, les décès signalés dus au Covid-19 sont passés à près de 4.200 par jour, soit un doublement par rapport aux 2.100 décès quotidiens enregistrés à la fin du mois de septembre», a souligné l’OMS. «On peut s’attendre à ce que les lits d’hôpitaux soient soumis à une pression élevée ou extrême dans 25 pays et à une pression élevée ou extrême dans les unités de soins intensifs dans 49 des 53 pays d’ici au 1er mars 2022», a-t-elle alerté dans un communiqué.

Plus de 1,5 million de personnes sont déjà mortes du covid en Europe


■ La Fondation Partage distribue toujours 5000 cabas alimentaires par semaine

Partage, la banque alimentaire genevoise lance une campagne sur ses activités. Mardi matin sur la plaine de Plainpalais, elle a dessiné un cabas géant constitué de 5000 cabas, soit le nombre de cabas qu’elle prépare chaque semaine.

«Chaque cabas permet de composer quatre à cinq repas pour une personne. Ce sont ainsi environ 9000 repas hebdomadaires qui sont assurés», a expliqué devant les médias Marc Nobs, directeur de la Fondation Partage. La campagne «Par ta générosité» vise à récolter des dons financiers et en nature, trouver des bénévoles et rappeler que la précarité reste très importante dans le canton de Genève.

En juin 2020, en pleine crise sanitaire et économique, la banque alimentaire distribuait 6000 cabas par semaine, a indiqué Marc Nobs. Les images de longues files de personnes attendant de recevoir de l’aide aux Vernets avaient marqué les esprits. «Le gros élan de solidarité qui s’est manifesté depuis s’essouffle», note le directeur de Partage.

Les cabas ne contiennent que des produits alimentaires et d’hygiène achetés par la fondation. Ils sont distribués par les Colis du Coeur et d’autres associations. De plus, une quarantaine d’institutions préparent des repas à partir de dons de nourriture provenant de détaillants et de collectes, dont les samedis du partage. Au total, 13 800 personnes sont soutenues chaque semaine, contre 10 000 avant la crise.

Pour 2021, Partage s’attend à dépenser plus de 6 millions de francs pour des achats, sur un budget de 11 millions. En juin 2020, la fondation a reçu un crédit unique de 5 millions du canton pour la préparation de cabas. Mais l’essentiel de son budget provient de dons privés.

Relire notre reportage aux Vernets pendant la première vague: A Genève, des heures d’attente pour un sac de nourriture


■ 6000 classes fermées en France, un record depuis la rentrée

Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a affirmé mardi à l’Assemblée nationale que 6000 classes sont actuellement fermées en France, contre un peu plus de 4000 vendredi dernier.

Il s’agit de classes «de l’école primaire en particulier, où nous déployons les tests salivaires», a précisé le ministre. «Au moment où je vous parle, 6000 classes sont fermées et je rappelle que l’année dernière, au pic de l’épidémie, quand nous réussissions à maintenir l’école ouverte, nous étions quand même à 12000 classes fermées», a-t-il dit.


■ L’UE demande à Pékin de libérer la journaliste Zhang Zhan

L’Union européenne a demandé mardi à la Chine de libérer immédiatement et de soigner la journaliste chinoise Zhang Zhan, emprisonnée pour avoir filmé la mise en quarantaine de Wuhan. La «journaliste citoyenne» Zhang Zhan, 38 ans, observe une grève de la faim après avoir été condamnée fin 2020 à quatre ans de prison pour «provocation aux troubles à l’ordre public», un motif fréquemment invoqué en Chine à l’encontre d’opposants politiques. Elle est gravement amaigrie et «risque de ne plus vivre très longtemps», avait averti son frère, Zhang Ju, au début du mois.

Lire aussi: Emprisonnée, la lanceuse d’alerte chinoise Zhang Zhan serait entre la vie et la mort

«L’état de santé de Zhang Zhan se détériore rapidement alors qu’elle reste emprisonnée. Zhang Zhan souffre, entre autres, de malnutrition sévère», a déploré mardi Nabila Massrali, la porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.


■ En Suisse, les cas doublent toutes les deux semaines

Les cas doublent actuellement toutes les deux semaines. Une telle hausse doit être rapidement freinée pour éviter une surcharge des hôpitaux et pour protéger la population vulnérable, a indiqué Tanja Stadler, présidente de la Task force scientifique.

Les nouvelles vaccinations ou les rappels pourraient permettre d’éviter entre 20 000 et 40 000 hospitalisations. Si tous les non-vaccinés tendaient l’épaule, entre 10 000 et 20 000 hospitalisations pourraient être évitées, a-t-elle précisé. Les boosters permettraient d’éviter un même nombre d’hospitalisations chez les plus de 70 ans.

Celles-ci augmentent désormais de 40% par semaine, a pointé Tanja Stadler. Elles risquent de poursuivre dans ce sens, vu que les personnes qui seront hospitalisées les prochaines semaines ne tombent malades qu’aujourd’hui.

Le problème réside dans l’occupation des places en soins intensifs. Si la barre des 300 patients covid aux soins intensifs est atteinte, la qualité des soins ne pourra être garantie et un triage implicite devra avoir lieu, a-t-elle continué. A l’allure actuelle, une telle situation pourrait survenir mi-décembre si aucune mesure supplémentaire n’est prise.


■ La situation est critique en Suisse, selon l’OFSP

La situation en Suisse est «très défavorable avec une tendance préoccupante», selon l’OFSP. Les infections tournent à nouveau autour des 6000 par jour. La Suisse orientale et centrale sont les régions les plus touchées.

Les personnes de 10 à 19 ans sont actuellement les plus touchées. On constate aussi une nette hausse des hospitalisations, qui devraient encore doubler d’ici deux semaines. Les plus de 80 ans sont ici les plus touchés.

Du côté des vaccinations, 65% de la population a désormais reçu deux doses. Tous les cantons ont débuté les «boosters», les vaccins de rappel, visant en priorité les plus de 65 ans et les résidants des EMS. Jusqu’ici, quelque 200 000 personnes ont reçu un vaccin de rappel.


■ La Confédération achète des doses de Molnupiravir

La Confédération fait savoir ce mardi que sur recommandation de la taskforce scientifique Covid-19, elle a conclu un contrat avec l’entreprise MSD Merck Sharp & Dohme SA Suisse pour la réservation d’un médicament prometteur contre le coronavirus (SARS-CoV-2), l’antiviral Molnupiravir. Le contrat porte sur un maximum de 8 640 emballages de Molnupiravir, et son montant est confidentiel.

Le Molnupiravir devrait être disponible au plus tard en janvier 2022, continue le communiqué. Une étude clinique a démontré son efficacité auprès de patients non hospitalisés infectés au Covid-19 et présentant un risque élevé d’évolution grave de la maladie.

Avec ce contrat, la Confédération s’assure, en plus des anticorps monoclonaux Casirivimab/Imdevimab et Sotrovimab déjà disponibles, l’accès à un autre médicament prometteur contre le Covid-19. A la différence des anticorps monoclonaux, le Molnupiravir est un antiviral et peut être administré par voie orale.

La Confédération prend en charge les coûts du traitement.


■ Swissmedic approuve une 3e dose de rappel pour toutes les personnes de 16 ans et plus

Après examen des données complémentaires présentées au cours des derniers jours, Swissmedic ouvre la voie à une vaccination de rappel destinée aux 16 ans et plus. Les personnes vulnérables peuvent toujours bénéficier d’une vaccination de rappel dès l’âge de 12 ans. Dans tous les cas, la condition est que l’injection de la deuxième dose remonte à au moins six mois.

Swissmedic a notamment pris cette décision sur la base d’une étude regroupant 10 000 participants âgés de 16 à 87 ans. Les résultats intermédiaires de cette étude n’ont mis en évidence aucun élément indiquant l’existence de nouveaux aspects relatifs aux risques du vaccin, indique l’Institut suisse des produits thérapeutiques. La primovaccination par Comirnaty consiste en l’injection de deux doses de 0,3 ml à trois semaines d’intervalle. La vaccination de rappel désormais autorisée, qui doit avoir lieu au moins six mois plus tard, peut maintenir la protection contre le COVID-19.


■ Des artistes en Une de 20 Minutes pour appeler à voter Non dimanche

«L’exclusion et la stigmatisation obtiendront-elles carte blanche grâce aux mesures et aux certificats? Est-ce digne d’une société intègre et ouverte? Pour un retour à l’importance des valeurs sociales ondamentales (sic) je vote Non». Voici ce qu’on peut lire ce mardi à la Une du quotidien gratuit 20 Minutes, une surcouverture publicitaire qui propose 6 portraits d’artistes peu connus, opposés à la loi covid et qui expliquent pourquoi. Une opération spectaculaire – 20 Minutes étant le quotidien le plus lu en Suisse. L’opération apparaissait aussi dans la Tribune de Genève et 24 Heures hier. La version alémanique renvoie à un comité «Art contre la loi covid» qui propose une pétition à signer.


■ Washington déconseille les voyages en Allemagne et au Danemark

L’Allemagne et le Danemark étant frappés de plein fouet par une nouvelle vague de la pandémie, le département d’Etat a publié deux bulletins relevant au niveau 4, le plus haut degré de mise en garde, son niveau d’alerte concernant ces deux pays, indiquant «un très haut niveau de Covid-19».


■ Début de la vaccination pour les enfants de 5 ans en Israël

Israël a entamé lundi soir sa campagne de vaccination anti-Covid pour les enfants âgés de cinq à onze ans. L’Etat hébreu est ainsi devenu l’un des premiers pays, après les Etats-Unis, à abaisser l’âge d’accès au vaccin pour juguler la pandémie.

Le gouvernement israélien avait prévu de lancer mardi la campagne de vaccination dans l’espoir de prévenir une éventuelle cinquième vague de contamination, mais dès lundi soir des doses ont été administrées aux plus petits, a constaté une équipe de l’AFP dans une clinique de Tel-Aviv.


■ Le premier ministre français Jean Castex testé positif

Le premier ministre français, Jean Castex, a été testé positif lundi soir au Covid-19. «Son agenda sera aménagé ces prochains jours afin qu’il poursuive ses activités tout en étant à l’isolement» pendant dix jours, a indiqué à l’AFP Matignon.

Le chef du gouvernement avait appris lundi après-midi que l’une de ses filles âgée de 11 ans avait été testée positive. «Il a donc immédiatement pratiqué un test PCR, qui s’avère positif», a expliqué Matignon. Selon son entourage, il souffrait lundi soir de «légers symptômes», notamment une «légère toux».


■ Aux Etats-Unis, plus de 90% des employés fédéraux se plient à l’obligation vaccinale

Plus de 90% des fonctionnaires fédéraux américains avaient reçu lundi au moins une dose de vaccin, conformément à l’obligation désormais en place, a fait savoir la Maison Blanche au moment de l’expiration de la date butoir. «95% des 3,5 millions d’employés fédéraux sont en conformité, et 90% sont déjà vaccinés» avec au moins une dose, a déclaré lors d’une conférence de presse Jeff Zients, le coordinateur de la lutte contre la pandémie à la Maison Blanche.

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a précisé que la différence de 5% correspondait aux personnes ayant fait une demande d’exemption (approuvée ou en cours d’examen). Le président Joe Biden avait signé le 9 septembre un décret obligeant les fonctionnaires à se faire vacciner, sans possibilité d’échapper à la seringue en se faisant tester régulièrement. La Maison Blanche avait donné jusqu’au 22 novembre aux salariés de l’Etat fédéral pour se plier à cette nouvelle obligation sanitaire.