Tandis que les dernières universités d’éré des partis politiques français lancent leurs ultimes feux, les sondages eux font aussi leur rentrée. Celui que Le Journal du Dimanche publie aujourd’hui avec l’institut IFOP confirme en quelques sorte ce que l’on pressentait un peu: les sympathisants de gauche ne veulent pas, mais vraiment pas de Hollande comme candidat à la présidentielle de 2017. Quant aux sympathisants de droite, ils relèguent Sarkozy au deuxième rang. A la trappe donc dans le coeur des sensibilités de gauche et de droite les ex et bientôt peut-être ex président: seul 22% des Français applaudirait la candidature de François Hollande à gauche. A droite, Nicolas Sarkozy ne recueillerait que 35% des suffrages.

A vrai dire, ceux que le peuple des sympathisants verrait bien en découdre ce sont Manuel Valls et Alain Juppé, qui recueillent sur leur nom de la part des sympathisants respectifs 35% et 40% des préférences.

Mais ce qui étonne le plus dans ce sondage symptomatique, c’est le score obtenu par Manuel Valls auprès des socialistes eux-mêmes: alors que la gauche et la gauche du parti se donnent beaucoup de peine pour le déconsidérer à chaque occasion; alors qu’il se traînait péniblement aux dernières primaires du PS, en 2011, à 5,6%, le voici qui fait la course en tête à 45%, devant Martine Aubry et surtout devant l’infortuné François Hollande. Au point, ajoute le Journal du Dimanche, que «le politologue Gérard Grunberg [nouveau blogueur du Temps, nota bene], il est vrai rocardien d’origine, n’hésite pas à le décrire comme le dauphin».

A droite, autre surprise également, les sympathisants à cette large sensibilité préfèrent Alain Juppé, que l’on donnait volontiers quelques mois plus tôt dans la cave des sondages face au présumé tsunami Sarkozy. Surtout, Alain Juppé est le candidat préféré du centre droit, MoDem et UDI. Les Républicains eux, parti bonapartiste s’il en est, et donc aimanté par un chef, le chef, les Républicains donc, sans surprise, s’alignent pour l’heure sur Nicolas Sarkozy. Qui demeure également le roi des magazines people si l’on en juge par la couverture très médiatisée de ses vacances dans Match, comme aux années les plus incandescentes du bling bling généralisé.

Alors, un combat Valls-Juppé pour les présidentielles 2017 (on fait bien sûr ici abstraction de Marine Le Pen)? Comme l’écrit Le Journal du Dimanche, «la présidentielle est plus un marathon qu’un sprint»...